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Soutien scolaire en ligne : une solution efficace ?
La rentrée des classes est déjà loin, déjà se profilent les premières difficultés. L’idée de se tourner vers internet pour du soutien scolaire paraît séduisante.
Plusieurs sites se sont lancés, la plupart payants, avec des tarifs plus ou moins abordables, mais on en trouve encore quelques-uns qui fonctionnent sur l’entraide comme www.cyberpapy.com.
Créé en 1997 par la Fondation d’entreprise Boulanger, cyberpapy met en relation des seniors avec des jeunes qui ont besoin d’aide pour faire leurs devoirs. Le site comprend onze forums, un par matière (mathématiques, lettres, histoire, géographie, sciences physiques, biologie, langues, philosophie, économie, informatique et exposés) et les contributions sont classées par niveau, primaire, collège, lycée et études supérieures. Le fonctionnement est simple : l’élève choisit sa matière, indique son niveau scolaire puis envoie sa question. Un cyberpapy intéressé tape sa réponse et la poste. Le forum est modéré, près de 500 contributions sont retirées chaque mois pour non conformité avec les règles : présence d’adresses ou de noms de famille, propos violents ou illégaux, liens vers d’autres sites. Louis L., « jeune senior encore en activité » comme il se qualifie lui même, est venu sur cyberpapy après avoir lu un article de presse. « J’ai posté quelques contributions, ma spécialité c’est l’histoire. Je me suis pris au jeu. Je trouve qu’il y a un bon esprit sur ce site, il s’agit de donner des pistes, des étapes dans la réflexion et non de faire le boulot à la place des élèves. D’autre part, en plus de la modération, il y a une autosurveillance de la part des membres du forum qui oblige à ne pas répondre n’importe quoi, à être sérieux. Et puis, je trouve que c’est agréable de se remettre à réfléchir à des sujets scolaires parce que dans la vie professionnelle on n’a plus le temps alors que c’est très enrichissant » indique-t-il.
Autre démarche plus proche du milieu enseignant, celle du portail spécialisé www.ruedesecoles.com, qui a développé un site de soutien scolaire pour les élèves et leurs parents www.assistancescolaire.com. Accessible gratuitement pour les adhérents à la MAIF, 10 € par an pour les autres, il propose des rappels de cours pour les élèves du primaire jusqu’à la terminale et des services spécifiques pour les collégiens et les lycéens. « Pour les collégiens, nous avons un service d’aide aux exercices en français et en maths.
L’élève précise son manuel et la référence de l’exercice et nous lui donnons des pistes pour commencer. Attention, nous ne fournissons pas la solution toute prête ! », explique Valérie Lachaize, responsable des relations avec les abonnés. Tout est rentré dans des bases de données et réactualisé tous les ans par une équipe d’enseignants. Quant aux lycéens, ils ont accès aux annales de sujets d’examens.
Enfin, il y a les sites ouvertement commerciaux comme www.maxicours.com, se présentant comme le premier site d’accompagnement scolaire du CP à la terminale ou www.exoline.com plus axé sur les corrigés des exercices de maths et physique.
Que faut-il penser de ces sites ? Sont-ils vraiment utiles ? « D’après mon expérience, il n’y a pas beaucoup d’élèves qui les fréquentent, sauf les deux derniers mois avant le bac. Et quand ils y vont ils sont déçus, parce qu’ils s’attendaient à avoir le travail déjà tout fait » indique Isabelle Dumay, professeur de français au lycée Turgot de Montpellier. « En revanche, les élèves du primaire y vont de bon coeur. L’aspect ludique de l’ordinateur les séduit ». Tous sont d’accord toutefois, les jeunes qui utilisent ces sites ne sont ni les premiers de la classe, ni ceux en échec. Certains sont des perfectionnistes, d’autres sont parfois poussés par les parents.
« Ceux pour qui ce serait vraiment utile, n’ont aucune envie d’y aller. Par exemple, il existe des exercices de grammaire et d’orthographe du niveau collège qui seraient très utiles aux BEP mais ils ne se sentent pas concernés » se désole Isabelle Dumay. « On peut très bien s’en sortir à l’école sans internet, mais pour ceux qui aiment travailler avec l’ordinateur, pourquoi pas » conclut-elle.
Christine DIDIER
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