|
Louer un DVD en ligne : une formule séduisante
Si vous trouvez que les visites à votre vidéoclub deviennent pénibles, entre les problèmes de parking, les nouveautés jamais disponibles quand vous le souhaitez, le retour obligatoire du film avant telle heure sous peine d’amende, ou bien si vous en êtes trop éloigné ou dans l’incapacité de vous déplacer, la location de DVD en ligne devrait vous séduire.
Le principe est simple. Vous vous inscrivez sur le site du loueur, fournissez votre numéro de carte bancaire, serveur sécurisé bien sûr, vous choisissez votre formule. Ensuite vous composez votre liste de films. Vous recevrez vos titres deux ou trois jours plus tard par la poste. Le nombre de DVD dans chaque envoi dépend des abonnements ou forfaits choisis. Après visionnage, vous renvoyez le DVD dans une enveloppe pré-affranchie fournie par le loueur, qui vous expédiera les films suivants de votre liste.
Vous pouvez résilier votre abonnement à tout moment les engagements étant mensuels. Le concept n’est pas tout récent. Aux USA, Netflix (www.netflix.com) propose ce service depuis 1997, affiche 3 millions d’abonnés, un catalogue de 55 000 titres et il est plébiscité par les consommateurs.
En France, le premier site de ce genre apparaît en 2001. Par la suite d’autres reprennent l’idée avec certaines ambitions. En juin 2003, Edouard Ducray ouvre Locafilm (www.locafilm.com).
« Je me suis ouvertement inspiré de l’expérience Netflix dont le succès, dans un pays où les vidéoclubs sont présents partout, m’a étonné » indique-t-il. « J’étais donc persuadé que cela pouvait marcher chez nous du fait, entre autres, de la livraison à domicile, de la disparition des pénalités de retard et de la souplesse d’utilisation ».
Pour Mihai Crasneanu, qui lance Glowria (www.glowria.
fr) fin 2003, Netflix a également été un modèle mais la démarche découle aussi d’une expérience plus personnelle. « J’étais frustré de ne pas pouvoir visionner le film que je voulais au moment où je le voulais, en particulier les grands classiques, souvent absents des vidéoclubs traditionnels ».
D’où sa philosophie : « Proposer le plus d’oeuvres audiovisuelles possibles quel que soit le format et quel que soit le terminal. C’est au consommateur de décider ».
Des accords stratégiques et financiers avec les studios permettent à ces loueurs de disposer d’un grand nombre de titres en plusieurs exemplaires en particulier sur les grands succès comme Harry Potter. Le catalogue de Glowria comprend 9 000 titres mais à la différence de son principal concurrent Locafilm, qui en affiche plus de 10 000, il ne contient pas de films adultes, une volonté délibérée. Pour faciliter le choix, sur Locafilm, des sélections thématiques, exemple "le cinéma russe" ou "soirées entre filles", sont rédigées par un journaliste spécialisé. Chez Glowria un partenariat avec Allociné fournit de même un riche contenu.
Avec l’arrivée de la vidéo à la demande (VoD), l’offre sur ces sites va évoluer. « Dans les 5 à 10 ans à venir, je ne pense pas que la vidéo à la demande va supplanter le DVD.
C’est un marché complémentaire auquel nous nous attaquons néanmoins » remarque Edouard Ducray. « D’ici à juin 2006, des milliers de titres seront proposés sur Locafilm, dont certains uniquement disponibles sous ce format ». Quant à Mihai Crasneanu, il envisageait la vidéo à la demande dès les débuts de Glowria. Rien d’étonnant alors de voir depuis décembre 2005, des titres en VoD sur le catalogue, leur nombre devrait fortement augmenter durant le premier trimestre 2006 avec comme chez son concurrent, certains inédits en DVD.
« Toujours pour donner au client plus de choix, deux modes de visionnage sont possibles : le "streaming" c’est-à-dire en direct ou le téléchargement sur son ordinateur personnel. A partir de février 2006, nous nous lançons aussi dans la location de disques UMD, le format de la PSP de Sony » précise l’ambitieux PDG de Glowria. Utilisé surtout par une clientèle jeune et urbaine séduite par le confort que cela apporte, ce nouveau mode de consommation de vidéos devrait dans les années à venir prendre une place plus grande.
Christine DIDIER
|