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Voyages

Le Sud tunisien : un dépaysement total

Dunes mouvantes, oasis de montagne, palmeraies exubérantes, maisons de pisé... Le Sud tunisien offre un dépaysement total. Derrière les kilomètres de plages bordées de grands hôtels, une vie moins grouillante, plus authentique se dévoile avec subtilité.

Ici, les zones arides montagneuses voisinent avec les plateaux dénudés et les impressionnantes étendues de dunes. Une juxtaposition de milieux très différents mais toujours d’une extraordinaire beauté. A cette grande diversité de paysages correspond des modes de vie très différents, témoignage de ce combat incessant de l’homme contre une nature hostile.

Tozeur, la perle du Djérid

Tozeur se trouve au cœur d’une oasis de plus de 200 000 palmiers. C’est l’ancienne Thusuros, un des postes qui se trouvaient jadis sur la voie romaine allant de Biskra à Gabès (sur la côte). Une sorte de port du désert, actif pour le commerce caravanier transsaharien. Elle a connu son apogée au XIVe siècle. De nombreux endroits méritent qu’on s’y attarde :
- Le paradis, qui porte bien son nom, est un extraordinaire petit jardin où sont cultivées des centaines de fleurs. La promenade y est particulièrement agréable.
- Le quartier des Ouled hadef est le plus ancien de la ville. Sa découverte est un véritablement enchantement : voûtes épaisses, petites places, zaouias et mosquées parées de revêtements en briques, typiques de l’architecture de cette région.
- Le musée des Arts et Traditions populaires qui présente une reconstitution de certains aspects de la vie traditionnelle.

A l’ouest de Tozeur, se trouvent trois oasis de montagne d’une fascinante beauté. Accroché à flanc de montagne, le premier site est aujourd’hui occupé par le village de Chébika dont l’ethnologue et écrivain français, Jean Duvignaud disait : “Alors apparaît Chébika. Mais très loin, comme une touffe au flanc de la montagne qui, depuis le désert, devient transparente tant sa couleur s’éclaircit”. Les constructions sont faites de pierre et de terre, à mi-hauteur de la montagne, sur une sorte de plate-forme dominant l’oasis, la gorge de l’oued et une profonde crevasse. Dans une gorge encaissée, encadrée par des rochers rouges, coulent, à 500 m du village, des sources qui irriguent les palmiers. Le lit de l’oued est coupé par une charmante petite cascade. Le village primitif, en ruine, est aujourd’hui abandonné par ses habitants, relogés non loin du site. Il n’en est que plus impressionnant. A quelques kilomètres de Chébika, El Khanga est une petite oasis située à l’entrée d’une gorge. Le paysage que traverse la route, courant au dessus de belles gorges, est spectaculaire. En empruntant cette route, on aboutit, après avoir franchi l’Oued El Khanga, à Tameghza. Suspendu aux flancs d’un gigantesque canyon, le village jouit d’un site privilégié. En redescendant, on peut atteindre le ravin de l’Oued El Khanga où l’on peut admirer une très belle cascade.

Comme à Chébika, l’ancien village, ici en pisé, a été abandonné et ses habitants occupent, tout près, le nouveau village. Mais le charme du site demeure intact. Midès, ancien Mades, est une autre oasis de montagne. C’est un village perché dominant, sur une hauteur d’une soixantaine de mètres, une superbe palmeraie. Il est suspendu au dessus de profonds ravins aux parois abruptes qui l’entourent sur trois côtés. Dans certaines constructions, on peut remarquer des éléments antiques intégrés à la maçonnerie. Le village doit son existence à des sources qui jaillissent d’un banc rocheux à faible distance du village.

Douz

A 150 km de Tozeur, Douz est une petite cité qui doit sa création à une source abondante... Une porte ouverte sur le grand Sahara dont les dunes entourent la petite ville. Le marché hebdomadaire du jeudi attire toujours les nomades chameliers de la région et l’artisanat est encore très actif. Mais Douz a un autre attrait : elle est la dernière étape, avant la grande aventure saharienne. Non loin, se trouve Offra, la plus grande dune au commencement du Sahara. C’est le point de départ des fabuleuses randonnées à dos de chameau, le seuil d’un monde infini. L’absence de limites dans cet univers crée une reposante impression de plénitude. Dans ces immensités, la présence humaine raréfiée renforce la sensation de vide. C’est le monde du silence mais ce monde n’est pas muet. On peut en saisir les palpitations secrètes et une communauté de rythme s’établit entre l’homme et le désert.

Matmata

Il est difficile d’imaginer site plus spectaculaire, un endroit où la couleur puisse s’exprimer avec plus de force. Matmata se trouve dans une cuvette parsemée d’innombrables collines minuscules. Ce paysage de mamelons, brûlé par le soleil, a quelque chose de lunaire. Les montagnes entourant l’endroit sont dénudées. De loin, le sol apparaît criblé d’une infinité de cratères. Dès qu’on en approche, tout s’évanouit sans, pourtant, cesser d’être là. Creusées dans la roche, les habitations appartiennent au type d’habitation troglodytique de plaine. L’excavation centrale, qui fait office de cour, d’un diamètre d’une dizaine de mètres et d’une profondeur de six ou sept mètres, comporte un tunnel qui débouche sur le flanc de la colline. C’est l’accès à la cour centrale. Il peut être fermé par une porte faite de branches de palmier. Les diverses pièces s’ouvrent, sur deux niveaux, sur la cour. Celles du niveau inférieur sont destinées à des usages divers. Au niveau supérieur, on trouve les chambres d’habitation et les greniers à provisions.

Ce type d’habitat est adapté au climat : les habitations restent fraîches, quand il fait chaud dehors, et protègent du grand froid en hiver. Dans ce qu’on appelle le pays de Matmata, on trouve beaucoup d’autres sites intéressants : Tijma, Haddège, Tamezret avec ses maisons en pierre sèche accrochées à la montagne, Zeraoua où l’on fabrique de beaux bakhnougs, Béni Aïssa où le type d’habitat troglodytique est poussé à un haut niveau de perfection...

 
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