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De Moscou à St- Pétersbourg
“Seulement” six cent cinquante kilomètres séparent Moscou de Saint-Pétersbourg... À l’échelle de la Russie, la distance est courte, et pourtant, ce qui en France correspondrait à quelques heures de TGV, peut devenir une très longue flânerie d’une dizaine de jours, en empruntant les routes fluviales, celles de la Neva, de la Volga et d’une multitude de canaux rêvés par Pierre le Grand et réalisés par Staline.
À une vitesse de 26 km/h, les paysages défilent lentement, en pleine nature ou à travers d’impressionnants ouvrages d’art, écluses et barrages, parfaitement soviétiques. Bateaux modernes et équipages de charme rendent le voyage, de mai à septembre, encore plus agréable.
À Moscou, le “terminal fluvial Nord”, forme de proue en béton, dans le plus pur style stalinien, en impose dès le départ. Après une petite étape de 125 kilomètres sur le canal reliant Moscou à la Volga, la vraie croisière, celle de la Russie profonde débute enfin sur le plus grand fleuve d’Europe.
Au plus proche de sa source, le plateau de Valdaï, les quatre cents kilomètres parcourus sont sûrement les plus pittoresques. Paysages éternels peints et chantés par les plus grands artistes russes.
Première surprise : Ouglitch, une des plus anciennes cités russes, elle date de 1147, perchée sur une des rives du fleuve. Escale obligée où la visite de Saint-Dimitri-sur-le-sang, la Cathédrale de la Transfiguration et le vieux kremlin symbolisent l’image d’un pays calme et pieux.
La suite du voyage sera rythmée au fil de l’eau par ces villes orthodoxes très anciennes, entourées de forêts profondes, le cœur et la réserve naturelle de la Russie occidentale.
Iaroslavl, un des joyaux architecturaux de la Russie ancienne est considérée comme la doyenne des cités de la Volga.
Le 17e, son Âge d’Or, la vit même capitale du pays après la mort de Boris Godounov. C’est de Iaroslavl que furent chassés les Polonais envahisseurs.
Plus de cinquante églises furent bâties durant ses quelques années de gloire.
Parmi tous ces édifices religieux bien conservés, le monastère de la Transfiguration du Sauveur fondé au XIIe siècle et la très belle église de l’Epiphanie en briques rouges, recouverts de faïences multicolores, sont particulièrement remarquables.
Avant d’arriver au plus long canal du monde, celui qui relie la Volga à la Baltique (360 kilomètres), la très fameuse retenue de Rybinsk, coupe le souffle par l’immensité des travaux. Véritable mer artificielle de 4500 kilomètres carrés, elle a englouti pas moins de
700 villages dont les clochers affleurent parfois étrangement à la surface de l’eau.
L’étape suivante est la Carélie, la région aux 2000 lacs, recouverte aux trois quarts de grandes forêts.
Goritsy, bordée par la Sheksna, abrite deux monuments religieux importants : le couvent de la Résurrection, en assez piteux état, et, surtout, le monastère de Saint-Cyril du Lac Blanc, un des plus célèbres de Russie.
Avant-dernière étape avant l’arrivée dans l’estuaire de la Neva et l’enchanteresse Saint-Pétersbourg : la petite île de Kiji sur le lac Onega, véritable musée en plein air de la vie en Russie au siècle dernier. Isbas, églises, granges, saunas, moulins, et surtout les immenses champs fleuris et les dizaines de jardins donnent l’aspect d’un très beau décor de cinéma à celle qu’on appelle “la perle de Carélie”. Le même charme se retrouve à Mandroga, sur le lac Ladoga, le plus grand d’Europe.
Moins bucolique, la visite se veut dégustative : un Musée des Alambics accueille curieux et connaisseurs de vodka.
Au terme du voyage, les dômes prestigieux de l’ancienne Lenin-grad apparaissent des deux côtés de la Neva. Et un spectacle inoubliable s’offre dans la nuit aux visiteurs venus de Moscou par la voie des eaux lorsque les plus grands ponts de la ville s’écartent et laissent passer leur bateau.
Saint-Pétersbourg
Née des marais et de la mer Baltique, Saint-Pétersbourg a, bien entendu, été comparée à Venise dès sa création. Mieux vaudrait pourtant parler de Versailles, qu’elle voulut égaler. Elle est née du rêve et de la volonté des plus grands Tsars de l’histoire.
Architectes, peintres, sculpteurs et artisans venus de l’Europe entière se sont précipités au 18è siècle dans ces contrées insalubres pour faire surgir de l’eau le rêve de pierre que chanta Pouchkine, l’âme de la ville.
Ancienne capitale détrônée par Moscou sous la Révolution d’Octobre, elle a toujours été le plus vivant foyer intellectuel et artistique de la Russie moderne.
L’Ermitage, l’ancien Palais d’Hiver, regroupe une des plus grandes collections au monde de peintures du 18ème et du 19ème siècle. D’innombrables palais,
le Palais d’Eté, le palais Ioussoupov, ceux qui encerclent la majestueuse Place des Arts, celle des Palais, la bien nommée, se dressent dans la moindre ruelle, au détour de chaque bras de la Neva, en bordure des plus beaux canaux.
Sa situation géographique, qui en fait un des centres urbains les plus proches du cercle polaire, est à l’origine du phénomène enchanteur des Nuits Blanches. Ces débuts d’été où les jours s’étirent infiniment et où la ville est envahie de bals, de fêtes et de spectacles. C’est, sans aucun doute, le plus beau moment qu’offre Saint-Pétersbourg à ses nombreux visiteurs.
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