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Voyages

L’Afrique aux mille visages

En Afrique, les possibilités de voyages sont nombreuses et aussi variées que les différentes régions de l’énorme continent.

Quelques pays, encore peu visités pour de multiples raisons, économie ruinée, mise au ban de la scène politique internationale ou troubles liés aux guerres civiles, ont commencé timidement il y a quelques années à s’ouvrir aux touristes.

Le Burkina Faso, l’ancienne Haute-Volta, est de ceux-là. En moré, la langue usuelle de l’ethnie majoritaire mosi, le nom du pays signifie “Pays des Hommes Intègres”, la plus grande des richesses de ce pays de 11 millions d’habitants. Situé au cour de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina séduit par la grande diversité de son patrimoine culturel. D’une région à l’autre, coutumes, artisanat et fêtes se distinguent nettement les unes des autres. La musique est au centre de la vie artistique burkinabé, mais la grande habileté des artisans du pays en fait de véritables artistes. Les objets en bronze ont fait la renommée des cours royales qui les possédaient, tandis que poterie, vannerie, batik et sculptures sur bois sont les témoins du grand art de ces populations.

La deuxième ville (et sûrement la plus agréable) du pays, Bobo-Dioulasso, construite de part et d’autre de la rivière Houet, fraîche et ombragée, est un haut lieu de la lutherie. Capitale du balafon, on y construit également d’autres très beaux instruments de musique. En période sèche, la grande attraction du jeune tourisme burkinabé est sans conteste le safari vision dans les réserves naturelles du “W” et d’Arly. Couvrant au total plus d’un million d’hectares le “ W” s’étend en fait sur différents pays, Niger, Bénin et Burkina. Il doit son nom aux méandres du fleuve Niger. On peut y voir en liberté des éléphants, des hippopotames, des lions, toutes les variétés d’antilopes ainsi qu’une grande variété d’oiseaux, de singes et de mangoustes. La meilleure période pour s’y rendre est la saison sèche quand les animaux assoiffés sont obligés de se regrouper autour des points d’eau.

De l’autre côté du fleuve, s’étend un des plus grands pays de la région. Avec une densité de population d’un habitant au kilomètre carré, le Niger est probablement le pays le moins peuplé au monde ! Mais il est vrai que plus de la moitié de sa superficie est couverte des déserts les plus arides de la planète... L’un d’eux, le massif de l’Aïr, au nord du pays, est devenu une importante destination touristique. Sur les rives d’un des nombreux oued qui l’irriguent à la saison des pluies, une ville est née, aussi mythique que Tombouctou, Agadez. Située à plus de 1000 kilomètres de Niamey, la capitale, elle est depuis sa création au 15ème siècle, une porte et un carrefour entre les deux grandes civilisations africaines : celle du Sahara et du Maghreb au nord, celle du Sahel au sud.

La Grande Mosquée, construite en 1515, avec son minaret haut de 27 mètres et hérissé de pieux en bois est le monument le plus célèbre de cet ancien village qui grandit à vue d’œil. Son Grand Marché, est le point de rencontre de tous les peuples de la région. Peuls du Sahel, Touaregs du Sahara, Bouzous (anciens esclaves des précédents), où Kanouris chassés du Ténéré s’y croisent dans une palette de couleurs extraordinaire. Déambuler dans le grand Marché d’Agadez est un régal des yeux et de l’esprit. Impossible de le quitter sans s’offrir le bijou porte-bonheur de tout le monde musulman : une croix d’Agadez aux branches stylisées, splendeur des artistes bijoutiers qui la façonnent en or ou en argent.

Au Burkina Faso comme au Niger, un peuple mythique constitue une minorité importante de la population. Les Peuls, aux origines mystérieuses, ils pourraient venir d’Éthiopie, du Yemen ou même d’Israël, ont été à l’origine de multiples royaumes dans toute la bande sahélienne. Au 19ème siècle, ils constituèrent au Nigeria le fameux Empire théocratique peul de Sokoto. Ces peuples nomades, aujourd’hui en partie sédentarisés entretiennent envers leur personne un culte de la beauté particulièrement poussé et raffiné. Hommes et femmes vouent un véritable culte à l’esthétique de leur visage. À l’occasion de fêtes légendaires, les “guéréwol”, il n’est pas très facile d’y assister, les hommes, rivalisant de beauté, dansent en ligne et attendent le verdict des femmes. Le mari choisi, un bœuf est égorgé pour rendre hommage à la beauté et concrétiser l’union. Les amants s’enfuient en brousse pour consommer leur mariage. Chaque année, à l’époque de la cure salée, le rite se reproduit, permettant à chaque femme de changer d’homme régulièrement, selon ses envies.

Dans ces régions désertiques, d’autres peuplades sont entourées du même mystère, les Dogons au Mali, les Touaregs dans tout le Sahara. Auréolés de la beauté grandiose de leur désert, ils ont longtemps été admirés pour leur courage guerrier, et les défaites qu’ils infligèrent aux troupes coloniales. Mais c’est surtout leur prestance, leur stature et leur étonnante couleur de peau qui en firent des hommes de légende. Les hommes bleus, du bleu nuit de leur peau pigmentée par leur long voile de fête, vivent essentiellement dans le Sud de l’Algérie, le Nord du Niger et du Mali. Dans l’Aïr, leur territoire de prédilection, quelques tribus exercent encore l’antique métier de caravaniers, transporteurs du sel à dos de chameau et éleveurs nomades. Beaucoup d’autres se sont sédentarisés, la concurrence des camions ayant été trop forte.

À l’opposé des rigueurs du désert, un pays presque méditerranéen attire toujours plus de curieux. L’Afrique du Sud, longtemps bannie des circuits touristiques, peut désormais offrir au grand jour les splendeurs de ses terres australes. Ses côtes, bordées par l’Océan Indien et l’Océan Atlantique, cachent des baies idylliques et solitaires, des villes comme Durban, à l’architecture et au rythme de Miami, mais aussi une vaste région luxuriante, portion du littoral appelée la Route des Jardins.

Terre de contrastes, ethnique, linguistique, géographique ou culturel, l’Afrique du Sud donne l’occasion aux gastronomes de découvrir des vins d’une grande qualité issus des cépages français importés au 17ème siècle par des huguenots chassés de France, la région s’appelle d’ailleurs le Franschhoek, (le coin des Français). Mais elle est aussi une terre de sportifs, alpinistes, le Drakensberg culmine à 3500 mètres, surfeurs qui ont peu de mer aussi belle à se mettre sous la planche et golfeurs évoluant dans de véritables paradis troués.

Ici aussi les parcs nationaux font figure d’Eden et tous les animaux de la créations se laissent admirer dans plus d’une vingtaine de réserves dont la plus fameuse est le Parc National Kruger, à 500 kilomètres de Johannesburg, qui abrite absolument toutes les espèces de la faune sud-africaine.

 
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