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Au fil du Rhin et de ses affluents
Promenade très romantique sur la partie la plus sauvage d’un des plus grands fleuves d’Europe. Le Rhin, depuis le haut moyen âge, est une des artères de communication essentielles qui a permis les échanges entre le Nord et le Sud du Vieux Continent. Bordé d’innombrables villes, il change de physionomie au détour de ses 1.300 kilomètres, traversant montagnes, plaines industrielles et agricoles, et vignobles aux productions réputées.
La partie la plus visitée de son cours ne représente que quelques dizaines de kilomètres, entre Rüdesheim au sud et Cologne au nord.
La visite de cette région allemande, réputée pour sa douceur de vivre, son climat plus clément et l’humeur plus joyeuse de ses habitants, la Rhénanie-Palatinat, pourrait commencer par l’ancienne capitale administrative de la République Fédérale. Bonn a retrouvé ses allures de grosse ville provinciale, langoureusement étirée le long de fleuve, fière de ses deux personnages les plus illustres : Beethoven qui y est né et dont la maison natale a été restaurée et l’homme de Néandertal, dont le squelette repose dans un coffre en verre du Musée.
Tout près de là, la station thermale de Bad Godesberg, très prisée du corps diplomatique, à l’époque où Bonn était capitale, est le point de départ vers les " 7 montagnes ", le Siebengebirge, haut lieu des contes et légendes allemands. C’est là que se dresse le Drachenfels, ruine romantique où Siegfried tua le dragon et découvrit le trésor des Niebelungen. Dans la vallée, les villes de cures se suivent et se ressemblent. Bad Honnef, la station la plus ensoleillée de la Rhénanie où tout est en fleur avec deux semaines d’avance, Mehlem sur l’autre rive, qui permet d’admirer les 7 montagnes. D’autres ruines surgissent encore, toujours source de légendes. A Rolandseck, les ruines d’une tour racontent l’histoire de Roland, rescapé de Roncevaux, amoureux d’Hildegarde recluse dans un couvent au milieu du fleuve, sur l’île Nonnenwerth.
A Coblence, la Moselle se jette dans le Rhin au " Coin allemand ", le Deutsches Eck, une pointe qui s’allonge au confluent des deux fleuves. A partir de Coblence, les châteaux s’égrènent à une vitesse vertigineuse, les forts se suivent entre chaque rocher, chaque vigne en terrasses, à chaque méandre du fleuve. Ces " burg ", souvent en ruines s’appellent Stolzenfels, Lahneck, Marksburg, le seul qui n’ait pas été détruit, Boppard, construit sur une structure datant de l’antiquité. En grimpant tout en haut de Boppard, on voit huit fois le Rhin, son cours entrecoupé de profondes forêts faisant penser à des lacs.
C’est à cet endroit que le fleuve est le plus étroit, les " burg " médiévaux s’affrontant souvent à seulement quelques dizaines de mètres de distance. Comme à la hauteur du village de Wellmich où, sur un rocher schisteux, le fort de Thurnberg affronte celui surplombant Saint-Goarshausen, et qui s’appellent dans le langage courant, le Chat et la Souris (le burg Maus et le burg Katz). Sur l’autre rive, Saint-Goar était, jusqu’à sa prise par les Français en 1797, la plus puissante forteresse de la vallée. De Saint-Goar à Oberwesel, les remous du fleuve se font plus puissants, les passages entre les rochers plus impressionnants et plus difficiles. Saint-Goar et la tour du burg de Rheinfels disparaissent derrière une avancée du roc, un lourd rocher gris barre toute perspective et seul le Rhin coule mugissant et écumant dans le lit de pierres rétréci à 150 mètres. Ce rocher qui émerge presque perpendiculairement de l’eau est la Lorelei, le rocher de Lore, esprit de la montagne, symbole du Rhin romantique qui occupe une place de choix dans la littérature allemande. La légende veut que de nombreux bateliers y fracassèrent leurs embarcations, envoûtés par les chants mélodieux de la sirène.
Le lugubre rideau de pierre disparaît peu à peu de ce paysage de préhistoire, et Oberwesel apparaît, ceinte de ses seize tours, cité vinicole idyllique après les frayeurs de la Lorelei. De la terrasse du château de Schönburg, surplombant la ville fortifiée, d’autres fortifications s’offrent à la vue. Le burg de Gutenfels, qui regarde celui de Kaub, et, au centre du fleuve, une île forteresse, celle de Pfalz. Non loin de là, les " 7 vierges ", visibles lorsque les eaux sont basses furent, selon la légende, transformées en roche à cause de leur cœur de pierre.
Bacharach, comble du pittoresque pour les amateurs de façades à colombages, de toits pentus et de balcons fleuris, est une étape joyeuse où le vin coule à flots dans les nombreuses et typiques "gastätte" du village.
C’est le même genre d’ambiance que l’on retrouve à Rüdesheim avec, en plus une des plus
grandes collections allemandes d’instruments de musiques automatiques, des 18ème, 19ème
et 20ème siècles, conservées au "Siegfrired’s Mechanisches Musikkabinette ", plaisir des yeux et des oreilles.
Et si, de retour à Coblence, l’envie de naviguer est toujours bien présente, une croisière sur la Moselle emportera les amateurs de romantisme jusqu’à Trèves, la plus ancienne ville allemande, fondée par les Romains et berceau de Karl Marx. Fondée sous Auguste, elle rassemble encore de nos jours un important patrimoine antique tels que la célèbre Porta Nigra, les thermes de Barbara et la colonne d’Igel. Ici, comme dans la vallée du Rhin, l’or des vins locaux brillants dans de jolis verres gravés à déguster le long du fleuve, est une des découvertes les plus étonnantes de l’Allemagne méconnue.
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