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La route du riz
Terre du Rhône et de la mer, la Camargue produit un riz de grande qualité. Sous le soleil du grand Delta, cette céréale agrémente comme garniture de nombreuses compositions culinaires, symbolisant le goût au naturel. Une AOC : « riz de Camargue » a d’ailleurs été obtenue.
Le riz, originaire de l ‘Asie méridionale chaude et humide, aurait été introduit en Espagne au XVe siècle par les arabes, en Italie par les armées de Charles Quint et, de là, il serait arrivé en France.
La riziculture métropolitaine est principalement concentrée en Camargue. Cette culture a un poids économique très important et elle est essentielle pour la déssalinisation des terres, le maintien des équilibres naturels, la conservation du paysage et du patrimoine camarguais. En fait, la riziculture est devenue, avec les chevaux, les taureaux et les flamants roses, un des symboles de la Camargue.
Naissance des rizières en Camargue.
C’est en 1864, que la première rizière est créée en Camargue, mais l’histoire de la riziculture a débuté vraiment à la suite de l’endiguement en 1830. Les grands travaux entrepris avaient pour but d’obtenir une maîtrise quasi-parfaite des crues dévastatrices du Rhône, afin de mettre en place une véritable économie agricole. Toutefois, il est vite apparu que le sel présent dans la nappe phréatique menaçait de transformer la Camargue en désert salé. Devant ce danger, une irrigation artificielle s’est organisée en puisant l’eau dans les bras du Rhône. La submersion des terres a abaissé le niveau de la nappe salée et permis la rotation des cultures. Le riz a été alors uniquement cultivé pour dessaler les sols. Une fois le dessalement effectué, les surfaces de riz ont été réduites, remplacées, entre autre par la vigne.
A la veille du second conflit mondial, le riz a pratiquement disparu de Camargue. Mais, avec la guerre, cette céréale est redevenue un produit très intéressant, notamment à cause de l’interruption du trafic maritime et de la pénurie des denrées alimentaires. C’est alors le début de la substitution de la viticulture par la riziculture.
A la suite des mesures d’incitations financières du plan Marshall en 1946, la riziculture a pris une extension considérable en Camargue et dans le midi-méditerranéen, jusqu’à la crise du riz dans les années 60. Cette crise était essentiellement économique (concurrence accrue de l’Italie du Nord, fixation d’un prix unique européen...). Cependant, il faut souligner l’inadaptation du riz camarguais rond, qui ne correspondait plus à la demande, la préférence allait au riz long.
Les conséquences ont été lourdes : l’abandon de cette culture par de nombreux riziculteurs et la menace de l’équilibre économique et écologique de la Camargue. Dès la fin des années 70, un plan de relance est mis en place. En 1990, l’objectif fixé par ce plan atteint : 19 200 hectares de riz exploités sur une seule zone : la Camargue.
La production s’adapte avec moins de riz rond et plus de riz long. Actuellement, plus de 180 exploitations de riz sont en activités en Camargue, produisant plus de 10 000 tonnes de riz paddy (c’est à dire non décortiqué).
Il existe aujourd’hui de nombreuses variétés de riz : le riz rond, le riz long, le riz sauvage (dont le grain est noir), le riz rouge qui est une variété de riz complet, brevetée sous l’appellation « Red Montmajour ».
En effet, il y a quelques années, des épis rouges ont été découverts dans les rizières classiques, au pied de l’abbaye de Montmajour. Ce riz est issu d’une mutation naturelle et sauvage qui s’est produite en terre, sans intervention de l’homme. Il est aujourd’hui commercialisé.
A voir à faire
Le Musée du riz
Pour une bonne approche historique et la découverte des procédés de transformation.
Présentation d’outils anciens et récents, vente de riz aux particuliers.
Route des Salins de Giraud
Tel : 04 90 97 20 29
Rizerie du Petit Manusclat
Le sambuc - 13200 Arles.
Riz Attelage Camargue
Une invitation à découvrir, en calèche, les rizières au Domaine de la Plaine à Saint-Laurent d’Aigouze.
Tél : 04 66 88 19 15
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