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Balades au bord de l’eau
Quand la chaleur devient trop lourde, rien de plus simple que de quitter la ville pour aller se perdre sous les frondaisons des canaux, des bocages et des jolis bois qui entourent Nantes le long des trois rivières, la Loire, l’Erdre et la Sèvre.
En bus ou en tramway, la TAN vous permet d’accéder très facilement à tous ces sites.
Classée “ grand site national ”, la Vallée de l’Erdre offre une succession de marais, de parcs et de belles demeures : les Folies, manoirs d’avant la Révolution que s’étaient fait construire les riches marchands nantais. Deux de ces Folies sont particulièrement remarquables, celle de La Desnerie, en amont du Port des Charettes, et celle de la Poterie en amont de Port-la-Blanche. Au 19ème siècle, les rives de l’Erdre se peuplent de châteaux inspirés de multiples influences.
En remontant l’Erdre depuis le parc de la Chantrerie, ce ne sont jusqu’à Nort-sur-Erdre que chalets suisses, châteaux médiévaux ou petits palais vénitiens dans de très beaux parcs à l’anglaise. Mais cette alternance de parcs boisés et de marais recèle aussi un véritable trésor écologique, c’est une zone de repos ou d’hivernage de nombreux oiseaux migrateurs. À la hauteur de la Chapelle-sur-Erdre, la rivière s’agrandit, se perdant dans des centaines d’hectares de marais. C’est là que se dresse le plus majestueux des châteaux, celui de la Gacherie.
À la Chapelle, le “ jardin des Hespérides ” est un lieu unique en France, au cœur de la Ferme Fruitière de la Hauterie il permet aux visiteurs de comprendre et de découvrir la multitude de fruits qui existent dans le monde entier, de l’humble gland, consommé dans nos contrées au Néolithique, au très raffiné Nashi en provenance du Japon. Plus haut, Sucé-sur-Erdre est un très agréable lieu de villégiature depuis l’époque romaine. Un peu à l’écart de la voie navigable, Carquefou, où des traces d’occupation remontent à la préhistoire et à l’époque gallo-romaine, a lui aussi été un lieu de repos champêtre des notables nantais. De nombreux manoirs , comme celui de la Pilardière, et de nombreux châteaux, dont un des plus fastueux est celui de l’Epinay conçu par Mansart, attestent de l’attraction du lieu dans les siècles passés. Rattachée administrativement au canton de Carquefou, la commune de Sainte-Luce-sur-Loire était un haut lieu de distraction dominical dans les années 30 pour les ouvriers nantais. De belles bâtisses rappellent au gré des chemins les grandes heures des siècles disparus, comme cette impressionnante Orangerie, datant du 17ème siècle qui permit l’acclimatation de nombreuses plantes exotiques ramenées des colonies.
En quittant Nantes par l’Ouest, en direction de l’Océan, changement de décor. Dans cette région, c’est un gigantesque ouvrage d’art qui conditionne le paysage : le canal de la Basse-Loire, que tous appellent le Canal de la Martinière. Dans une zone de marais, le Golfe du Tenu, à mi-chemin entre Nantes et Saint-Nazaire, l’État, les négociants et les armateurs nantais le construisirent “ pour sauver Nantes de la ruine ”. Il fût inauguré en 1892. Les installations techniques, les écluses d’une part et la grande richesse de la faune et de la flore des marais et des îles avoisinantes en font aujourd’hui un patrimoine industriel et naturel exceptionnel. Car cet ouvrage monumental, ne resta en fonction qu’une vingtaine d’années.
Au départ du Pellerin, ancien port minuscule qui s’enrichit il y a des siècles, grâce au saumon et à son bac, le canal s’étire bordé de chemins de halage réservés aujourd’hui aux cyclistes, aux promeneurs et aux pêcheurs. À quelques kilomètres de là, à Saint-Jean-de-Boiseau, l’unique chapelle gothique rescapée des destructions révolutionnaires en pays de Retz, est dédiée à Belenos, un dieu gaulois et à Bethléem. À voir également le parc et le château du Pé en cour de restauration.
Dans cette région, la vallée de Bouguenais, une lente et récente reconquête de la rive sud de la Loire, permet de redécouvrir des milieux préservés, marais ou prairies humides, et de s’adonner aux plaisirs de l’eau dans d’anciennes carrières en cours d’aménagement.
À l’opposé, au sud-est de la grande agglomération nantaise, une rivière romantique et attachante offre elle aussi des kilomètres de promenades le long de ses anciens chemins de halage. La Sèvre Nantaise, bordée de vignobles, traverse Vertou qui s’est développée sur le site d’un monastère bâti au 6ème siècle par Saint-Martin de Vertou, évêque de Nantes. Les sarcophages mérovingiens qui reposent sous les cèdres du cimetière sont les derniers témoins de cette époque lointaine. Plus tardif, le barrage sur la Sèvre a été édifié par les moines au 11ème siècle. Tout le monde ici l’appelle la Chaussée des Moines, autre lieu de promenade très apprécié. Aux alentours, le Moulin Gautron, le Parc de la Sèvre, romantiquement planté de saules et son prolongement, le parc de loisirs du Loiry, en cours de réalisation, sont autant de destinations champêtres pour les citadins désireux de quitter la touffeur urbaine des mois d’été.
Saskia Leblon
Le Canal de la Martinière
Creusé à la fin du XIXe siècle, long de 14 km, le canal de la Martinière permettait aux bateaux de 120m de long, 18 mètres de large et 7 mètres de tirant d’eau, de franchir la partie la plus étroite de la Loire. Plus d’un millier d’hommes ont creusé l’ouvrage pendant 11 ans. Le canal devait fonctionner jusqu’en 1912. Il a ensuite servi de cimetière à bateaux jusqu’en 1950. Aujourd’hui, le canal appartient à l’Union des Syndicats des Marais du Sud-Loire.
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