Viêt-Nam
Au cœur de la cité, la grande poste avec son imposante structure dans le pur style « Eiffel » semble renvoyer à un passé bien lointain. Difficile d’imaginer que ce grand port Khmer jusqu’au XVIIe a été colonisé par les Viets puis par les Français pour devenir la capitale de l’Indochine française jusqu’au début des années 1950. La cathédrale Notre-Dame a aujourd’hui un air désuet au milieu des grands hôtels internationaux à l’architecture moderne. Agée de seulement quelques siècles, l’ancienne Saigon est une ville jeune en pleine croissance. Mais, face à sa grande rivale du nord, Hanoi, Hô-Chi-Minh-Ville est longtemps restée à l’écart d’un développement économique et touristique.
Les traces d’un passé douloureux
L’image de la cité a été, il est vrai, longtemps liée à la guerre.Elle devint la capitale de la République du Viêt-Nam en 1954, puis le siège du commandement américain, théâtre d’un passé douloureux. Paradoxalement, c’est dans cette histoire tragique que la ville a trouvé ses premiers atouts touristiques. Aujourd’hui encore, le musée de la Guerre reste l’un des monuments les plus visités avec les tunnels de Cu Chi, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de la ville. Ce dédale de galeries souterraines aménagé dans les années 50 et 60 a résisté à toutes les attaques de l’armée américaine : bombardements, inondations fumigations, minage et écrasement par les chars. Même les fameux B52 n’ont pas totalement détruit ces tunnels qui servaient d’abri à l’armée Viet Cong. Hauts d’un mètre seulement, ils conduisaient dans différentes salles qui servaient de cuisine, de classe ou de chambre à coucher. Ce réseau souterrain et les « pièges à loups » où s’empalaient mortellement les soldats américains ne méritent cependant le détour que pour les passionnés de cette partie de l’histoire du pays. Le voyageur qui n’a que quelques jours, profitera avant tout de l’animation qui règne dans les différents quartiers d’Hô-Chi-Minh-Ville. Il peut se laisser emporter par le flot des motocyclettes, au rythme d’un cyclo-pousse, jusqu’au quartier chinois de Cholon. C’est ici que l’on trouve les plus belles pagodes comme An Quang, Tam Son Hoi Quan, Thien Hau, Nghia An Hoi et Phong Son. Chacune permet de s’évader du tumulte extérieur, dans une ambiance d’encens et de recueillement. D’un temple à l’autre, la visite se transforme en une agréable promenade, entre les échoppes des commerçants et artisans chinois.
Une nature unique
Hô-Chi-Minh-Ville présente aussi l’avantage d’être située dans le superbe Mékong, une région très agricole qui fournit la moitié de la production nationale de riz. Du tumulte de cette ville bouillonnante au calme des rives du delta, il n’y a que quelques coups de rames. L’excursion sur le fleuve des Neuf Dragons permet de découvrir une végétation d’une incroyable richesse : bambous, cocotiers, manguiers, bananiers, papayers, frangipaniers et autres flamboyants. Le Mékong est aussi un lieu privilégié pour le commerce avec ses marchés flottants ou les barques de marchands se regroupent parfois par centaines. C’est sans doute sur les richesses du delta que repose l’avenir du tourisme au sud du Viêt-Nam, à travers notamment le développement de l’écotourisme. La réserve de Can Gio, une forêt de mangrove située à 75 kilomètres au sud d’Hô-Chi-Minh-Ville, fait partie de ces nouveaux circuits de découverte.
P. Cros & F. Matéo
photos : ADT
Infos
Ambassade du Viêt-Nam : 01 44 14 64 00 (standard et visas pour les touristes). Tél. (infos sur répondeur) : 01 44 14 64 20
www.vietnamembassy-france.org/fr
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