Jambes lourdes : des maux à ne pas prendre
Sensation de pesanteur dans les jambes, fourmillements, tensions, gonflements des chevilles et des pieds… notre vie sédentaire peut provoquer une insuffisance veineuse.
Les « jambes lourdes » ne sont pourtant pas une fatalité. Quelques conseils pour soulager, voire traiter une maladie veineuse qui touche près d’une personne sur trois en France. En circulant dans le corps, le sang doit parcourir 1,5 mètre pour remonter des pieds au cœur. C’est ce qu’on appelle « le retour veineux ». Lorsque ce retour veineux se fait peu ou mal, une accumulation de sang peut se produire dans les membres inférieurs. On parle alors d’insuffisance ou de maladie veineuse. A côté des maladies telles que varices, oedèmes, impatiences, varicosités…, la sensation de jambes lourdes doit être prise au sérieux car elle fait partie des signes les plus courants de la maladie veineuse. Alors, avant aggravation, mieux vaut traiter le symptôme au plus tôt. Les veinotoniques, médicaments agissant directement sur les veines, renforcent le tonus des parois veineuses et soulagent les douleurs. La compression par bas, collants, chaussettes ou bandes, complète avantageusement le traitement médicamenteux. En compressant la jambe au niveau des veines superficielles, ces accessoires facilitent le retour veineux et soulagent les lourdeurs de jambes. Enfin, des mesures hygiéno-diététiques sont indispensables. Elles sont complémentaires au traitement, mais peuvent également agir à titre préventif : éviter les positions assises ou debout de longue durée, ne pas garder les jambes croisées, marcher régulièrement, éviter le surpoids, les sports traumatisants, favoriser les douches froides et porter des vêtements amples et des chaussures à talons de hauteur modérée.
Les veinotoniques : un traitement efficace ?
Considérés par les scientifiques comme des médicaments inefficaces et inutiles, les veinotoniques ont d’abord subit une réduction de remboursement par la Sécurité Sociale à 15 % pour un déremboursement total courant 2009. Pourtant des milliers de personnes continuent à en prendre. Comment expliquer ce paradoxe ? Mesurer le symptôme « jambes lourdes » est très délicat. L’établissement d’une échelle de souffrance et d’une « normalité » en la matière est toujours difficile à déterminer. D’où le scepticisme des professionnels. Pourtant, ces médicaments ont fait leur preuve dans les crises hémorroïdaires, et des études en laboratoire démontrent un effet important des veinotoniques sur la tonicité des cellules qui tapissent les veines et les artères. Les veinotoniques ont un autre tort : ce sont des médicaments naturels, synthétisés ou fabriqués à partir de plantes que l’on retrouve effectivement dans bon nombre de fruits et légumes. D’où la tentation de conseiller une alimentation journalière plus riche en fruits et légumes ! Pour certains thérapeutes, la différence relève du taux de concentration de ces molécules naturelles ce qui expliquerait leur efficacité. La polémique n’est toujours pas tranchée. Le gouvernement a décidé de reporter le déremboursement total des veinotoniques au cours de l’année 2009. Les patients doivent alors miser sur la prévention. Avant d’en venir aux bas de contention, à la sclérose ou à la chirurgie pour les cas les plus graves, entretenir ses jambes est le seul moyen préventif efficient. Faire travailler ses jambes pour activer la circulation sanguine en marchant régulièrement est encore la thérapie la plus simple et la plus facile à mettre en œuvre. Si les bas et collants de contention ont encore mauvaise réputation (esthétique, appellation peu engageante), il faut savoir que depuis quelques années, ils ont bien changé. On les trouve désormais en microfibres transparentes avec ou sans motif. Difficile aujourd’hui de faire la différence avec collants et bas traditionnels ! D’autre part, de plus en plus de centres de bien-être ou de thalassothérapie proposent des programmes spécifiques. Soins relaxants à base d’huiles essentielles, massages tendant à améliorer la circulation sanguine et lymphatique, « pressothérapie », bains d’algues, applications de boues marines… des pratiques douces qui participent efficacement au traitement de la douleur.
Quels sports pratiquer ?
La pratique d’une activité physique est vivement recommandée à toute personne souffrant de jambes lourdes. Les sports les plus appropriés sont évidemment ceux qui sollicitent les jambes, mais de manière douce. En haut du tableau : natation, vélo, marche ; des pratiques qui font bien travailler les membres inférieurs. En natation, l’effet massant de l’eau joue un rôle de draineur naturel activant le débit veineux. Les battements de crawl ont également l’avantage de stimuler chevilles et pieds. La température de l’eau, inférieure à celle du corps, exerce un effet tonifiant. A vélo, la voûte plantaire est sollicitée à chaque pression sur le pédalier. Elle amorce la pompe veineuse, favorisant ainsi la circulation retour. En revanche, éviter la pratique du VTT sur terrains accidentés.
Lise Bassaget
Photo Fotolia
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