|
Sur les pas d’André Chamson
L’office du tourisme du Vigan a inauguré en 1993, un sentier pédestre qui mène du centre du Vigan jusqu’au Serre de la Lusette, lieu de sépulture du romancier et de son épouse. C’est un véritable parcours initiatique à la rencontre du pays cévenol et d’André Chamson.
Ce sentier littéraire reprend en partie le tracé du GR 60. Cette ascension a été évoquée par André Chamson dans « l’Aigoual », publié en 1930. C’est donc avec des extraits de cette œuvre que l’itinéraire, emprunté tant de fois par l’écrivain, a été balisé. Une balade pour entretenir les jambes et l’esprit, selon le fameux adage
« mens sana in corpore sano ».
« J’ai passionnément aimé la montagne. C’est elle d’abord, qui m’a fait sentir les beautés de la nature. Elle a été la toile de fond de ma vie. Elle a même été pour moi comme le fondement naturel de toute une morale. J’ai vécu dans la mystique de ses mouvements ascendants qui convergent vers les sommets... C’est par cet itinéraire que, rêvant, je m’approche toujours de la montagne, c’est par cet itinéraire aussi que j’aime à conduire un ami vers la haute crête ». Extrait de « L’Aigoual ».
Descriptif du sentier littéraire
Le point de départ se situe au Vigan, place Quatrefages de Laroquète, tout près de la Mairie. Du Vigan jusqu’au col des Mourèzes, près de deux kilomètres de montée soutenue, en grande partie sous couvert forestier.
Du col des Mourèzes jusqu’au pied du Serre de Navès, le GR 60 emprunte le tracé de la grande draille reliant le Languedoc à l’Aubrac. Le parcours s’effectue sur le versant dominant la commune d’Arphy, à l’ouest, puis sur celui dominant la commune de Mandagout, à l’est.
Du Serre de Navès jusqu’à l’ancienne maison forestière de Cap de Côte, montée au flanc du serre de la Toureille, boisé de résineux avec une belle vue sur les Cévennes.
Enfin, de Cap de côte jusqu’au Serre de la Lusette, le sentier emprunte la draille de transhumance, la vue s’étend très loin sur les massifs du Liron et du Fajas. Un chemin mène à la tombe d’André et Lucie Chamson, qui domine la vallée de Taleyrac.
Jusqu’ici, la balade représente environ quatre heures de marche sur 10, 5 kms avec 1050m de dénivelé.
Le sentier se poursuit ensuite sur cinq kilomètres environ pour atteindre Valleraugue. Le CDT du Gard propose à partir du mois de mai, un séjour de quatre jours alliant la pratique de la randonnée à la découverte d’André Chamson et des lieux qui ont inspirés ses romans.
Le musée du Désert
Le « Désert » est l’ensemble des lieux cachés comme les grottes, les ravins et forêts où les protestants vont célébrer leur culte dans la clandestinité pendant plus d’un siècle d’intolérance et de persécutions à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes. A Mialet, au cœur d’un hameau cévenol, dans la maison natale du chef camisard Rolland, le musée du désert fait revivre le passé huguenot par des pièces et documents authentiques. Dans une suite de quinze salles sont exposées près de 4000 objets et livres, qui témoignent de la résistance des huguenots pour leur foi pendant plusieurs générations, face à l’intolérance du pouvoir. Le protestantisme d’aujourd’hui est le prolongement de cette histoire. Chaque premier dimanche de septembre plus de vingt mille personnes de tous horizons
se rassemblent pour célébrer un culte : l’Assemblée du Désert. _ André Chamson a pris la parole sept fois dans ces assemblées du Désert. A chaque fois, c’est la liberté de conscience qu’il mettait en récit, en tressant entre elles autobiographies, mémoire familiale et mémoire du peuple protestant.
L’Abîme de Bramabiau
A la limite des Cévennes et des Causses, dans le massif de l’Aigoual, prend naissance le Bonheur, qui après cinq kilomètres disparaît sous terre et devient la rivière souterraine de Bramabiau. Temple préhistorique et peut être divinité, André Chamson y a situé son roman « L’auberge de l’Abîme ». Le Languedoc Roussillon a également servi de cadre aux nombreux romans de sa fille Frédérique Hébrard et de son gendre Louis Velle.
André Chamson est né à Nîmes en 1900 d’une famille de souche cévenole et protestante. Il débute en littérature par des romans régionalistes écrits dans une langue sobre et austère. Le héros de « Roux le bandit » incarne la liberté. Dès les années 30, il prend une part active contre la montée du fascisme en Europe. Il s’engage dans la résistance et prendra avec André Malraux, le commandement de la brigade Alsace Lorraine. Tout en poursuivant son œuvre littéraire, il deviendra après la guerre, conservateur du musée du Petit Palais puis directeur des Archives de France. En 1956, il est élu à l’Académie Française. Il publie en 1967 « la Superbe » suivie en 1970 par « La tour de Constance » et en 1979 par « Castanet, le camisard de l’Aigoual, témoignage sur ses ancêtres huguenots cévenols.
Pratique
Maison de pays du Vigan : 04 67 81 01 72
C.D.T du Gard : 04 66 36 96 30 ou 04 66 36 98 13
www.tourismegard.com
L.C.
|