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Collioure, la perle de la Côte Vermeille
La merveilleuse Côte Vermeille débute à Argelès, là où les contreforts des Albères viennent se mouiller les pieds dans la Méditerranée. Jusqu’à la frontière espagnole elle égrène 25 kilomètres de criques et de petites plages de galets.
Il y a deux Argelès. Comme souvent en Catalogne, l’ancien village, blotti autour de Notre-Dame-del-Prat a donné son nom à sa voisine plus récente et balnéaire. À l’ombre de l’église gothique, un très joli Musée des Arts et Traditions populaires catalanes survole en quelques salles l’ensemble des activités artisanales et agricoles traditionnelles.
Changement de décor à Argelès-Plage. Les vastes étendues de sable fin, les frondaisons plantées de pins et de peupliers font le bonheur des promeneurs tranquilles comme des fous de beach-volley, de foot ou de jogging. Non loin de là une curiosité naturelle à ne pas manquer : la forêt de Massane, zone ultra-protégée pour ses hêtres millénaires, reliques de l’époque préglaciaire. Pour se mettre en jambe avant les a-pics de la Côte Vermeille, la montée jusqu’aux ruines de l’ancienne abbaye de Valbonne est tout aussi incontournable et donne un point de vue époustouflant sur la suite du voyage.
Jusqu’à Collioure la route virevolte entre les vignobles en terrasses, protégés par de petits murets de schiste.
Après récolte, et trois à quinze ans passés en fût, leurs raisins donneront les sublimes Banyuls, vins doux naturels, d’une saveur et d’une couleur inégalées.
Banyuls-sur-Mer, important port de plaisance, est une charmante bourgade typiquement roussillonnaise. Construite à flanc de colline, elle s’est parée de multiples rampes et escaliers qui mènent au boulevard de la République, l’artère la plus vivante du centre historique. Sur la Plage du Fontaulé, l’aquarium d’un des plus importants centre de biologie marine français accueille les visiteurs tous les jours de l’année.
Le Roussillon fut une des terres d’inspiration les plus fécondes pour les grands artistes du XXème siècle, ainsi que le berceau d’un des plus grands sculpteurs du siècle.
Aristide Maillol vit le jour à Banyuls ; sa maison natale, sa tombe, et quelques unes de ses œuvres y sont soigneusement entretenues. En quittant cette agréable cité balnéaire, il ne reste qu’une étape avant l’Espagne : Cerbère, dotée d’une gare frontière, merveille de l’architecture de fer, construite à 23 mètres de hauteur.
La France s’arrête ici.
Collioure, joyau inégalé de cette côte merveilleuse, toute de rose et d’ocre, enchante par sa lumière particulière.
Les peintres, les premiers, au début du siècle, ont succombé à son charme. Matisse s’y installa en 1905, le Fauvisme y naquit. La municipalité leur rend hommage par un parcours original : le chemin du fauvisme. Vingt reproductions géantes de célèbres toiles de Matisse et de Derain sont accrochées in situ, là où les deux fauves les plus fameux posèrent leurs chevalets. Au bord des petites plages de galets de la vieille ville, la très belle église Notre-Dame des Anges, dont le clocher est un ancien phare, signe toutes les cartes postales de cette pointe méridionale de l’Hexagone. Contraste saisissant entre la pureté et la sobriété de son architecture extérieure, et l’extraordinaire capharnaüm dissimulé dans la pénombre de l’intérieur.
Le plus beau retable baroque catalan, celui dédié à Notre-Dame de l’Assomption, est l’œuvre d’un artiste de la fin du 17ème siècle, Joseph Sunyer. Immense triptyque de bois doré, il foisonne de sculptures et de bas-reliefs d’une grande beauté. Les huit autres retables que recèle l’église sont attribués au sculpteur local, Lois Baixas. Non loin de là, l’ancien château d’été des rois de Majorque, construit il y a plus de 700 ans, s’est métamorphosé en lieu d’exposition, après avoir servi de forteresse défensive dessinée par Vauban.
A pied de ses monuments prestigieux, criques de galets et minuscules plages de sable proposent à ciel ouvert les sardinades et les anchoïades, typiques de la région. Depuis la nuit des temps, le petit poisson, salé et saumuré est une des grandes richesses de la Côte Vermeille.
Car Collioure, comme Port Vendres sa voisine, est aussi un agréable port de pêche. Une criée quotidienne anime quelque peu le paisible Port de Vénus (le nom de l’antique Port-Vendres), petite cité marine entièrement consacrée à Louis XVI par la volonté de l’éternel Vauban. Les teintes rose-ocre de son église en bordure de quai rappellent une fois encore la couleur mystérieuse des roches schisteuses des alentours.
Saskia LEBLON
Photo : Fotolia
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