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Escapades

Narbonne, capitale historique

Depuis l’Antiquité, celle qui à cette époque était encore un port de mer, attire par sa douceur de vivre envahisseurs ou visiteurs tout à fait pacifiques.

D’innombrables monuments, témoins de ce très riche passé, ponctuent les ruelles et les places bordées par le canal de la Robine.
Le plus jeune d’entre eux, les Halles, est à l’honneur en ce début de troisième millénaire. Fondées, il y a juste un siècle, elles furent inaugurées le 1er janvier 1901. Réhabilitées en 1994, ces halles construites à l’image de celles de Baltard, possèdent une superbe structure métallique et figurent parmi les plus beaux marchés couverts de France. Jusqu’au 17 juin, une série d’animations musicales et artistiques fête le centenaire de ce haut lieu de la gastronomie, ouvert tous les matins (dimanche et jours fériés compris) pour le plus grand plaisir des gourmets de toutes nationalités. Non loin de là, le plus ancien des vestiges de la Narbo Martius de l’Antiquité, la première colonie romaine en Gaule, n’a pas vraiment d’équivalent dans le monde romain. L’Horreum (un entrepôt en latin), n’ a pas encore été entièrement exploré. Constitué d’une séries de galeries souterraines, il abrite aujourd’hui des éléments lapidaires extraits des anciens remparts.
Passé un des ponts qui enjambe la Robine, ligne de partage entre les deux quartiers “historiques” de Narbonne, on laisse le Bourg pour la Cité, où se trouve le plus bel espace architectural de la ville : le palais des Archevêques.
La vue d’ensemble permet de reconnaître l’évolution des styles architecturaux depuis l’époque romane, en passant par le gothique, jusqu’à la façade de l’hôtel de ville remaniée par Viollet-le-Duc au 19ème siècle. Entre les deux tours de la Madeleine et de Saint-Martial, s’ouvre le passage de l’Ancre, un ancien marché au poisson, séparant les deux parties du Palais. A droite, s’ouvre la cour de la Madeleine, avec une très belle vue sur le chevet datant du 13ème de la cathédrale Saint-Just. C’est le Palais Vieux qui abrite le très beau musée Archéologique, écrin de passionnantes collections issues des fouilles locales. Les trois premières salles de l’étage sont entièrement consacrées à l’habitat gallo-romain dans la région de Narbonne. Elles montrent une série, exceptionnelle en Languedoc, de peintures à fresque. À l’extrémité du passage de l’Ancre, quelques marches conduisent au cloître de la cathédrale d’où l’on découvre que l’édifice ne fût jamais achevé et qu’il se résume, en fait, en un chœur majestueux. C’est là dans la chapelle Notre-Dame de Bethléem que se trouve le plus grand retable d’Europe (26 m2), un vaste ensemble de sculptures gothiques qui ont miraculeusement conservé leur polychromie. De l’autre côté du passage, se dresse le Palais Neuf commencé au 13ème siècle. Dans les anciens appartements des archevêques, le très beau musée d’Art et d’Histoire a trouvé un décor tout à fait approprié aux splendeurs qu’il recèle.

Narbonne ne pouvait pas ignorer cette grosse bâtisse de la rue de Marcorignan, devenue rue de Nancy, puis avenue Charles Trenet. Le fou chantant y naquit le 18 mai 1913, chiffre magique et qui, prétend-il lui porta bonheur, au point d’en affubler sa maison natale. Ouverte au public depuis le 4 novembre dernier, cette demeure appartenait en fait à la famille de sa mère, des tonneliers dont l’usine se trouvait en lieu et place de l’actuelle gendarmerie.
Bordée par la voie ferrée qui relie l’Espagne à Paris, la maison natale de Charles Trenet, est devenue la grande attraction touristique narbonnaise et les visites guidées des chambres, cuisines et salles de bains du poète attirent une foule toujours plus nombreuse.
Ponctuée des multiples chansons qui de près ou de loin rappellent, Narbonne, le Sud, les vacances d’été et la vie de famille, la visite commente les lieux où Charles, petit, s’éveilla à la musique, à la peinture et à la poésie. Au premier étage, les appartements de sa mère. C’est elle qui, la première, lui entrouvrit la porte des arts. Son diplôme d’institutrice trône en bonne place, garant de l’excellence maternelle, et côtoie les œuvres littéraires de l’illustre fils, Dodo Manières, La Bonne Planète, Pierre, Un Noir Éblouissant, ou Juliette et l’Automate. Au deuxième, ceux de Louis Charles Augustin, photographié avec les grands noms de la scène française, musicale, artistique et politique. Dans sa chambre, quelques objets intimes, d’autre photos, plus familières, tentent de redonner vie à la nostalgie enfantine, aux très vieux souvenirs éparpillés dans ses chansons. Ceux de la guerre, de l’école, des goûters, des dimanche musicaux... “Ainsi que le vent, la poussière, les trains qui passaient sans relâche et faisaient vibrer les vitres” comme l’écrivit sa mère, omniprésente.
Narbonne se devait cet hommage à Charles Trenet. Après avoir composé Narbonne mon amie en 1961, il avoua que la sous-préfecture de l’Aude éveillait en lui “un enchantement éprouvé nulle part ailleurs”...

En quittant Narbonne, plusieurs escapades sont possibles : Le très beau massif de la Clape, Narbonne Plage, Gruissan et Les salins de l’île Saint-Martin ou encore les Corbières pour découvrir, entre autre, la civilisation du vin.

Saskia leblon

Photo : Fotolia

 
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