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Podologie, prendre soin de ses pieds
On se résigne encore trop souvent à avoir mal aux pieds. Et on a tort. La médecine est capable d’apaiser tous les maux et de freiner l’évolution de certaines pathologies vers une impotence plus ou moins sévère : marche difficile, trouble de l’équilibre, mauvais fonctionnement du système circulatoire. Prendre soin de ses pieds et faire soigner ses douleurs doivent être un réflexe.
Si les sujets au diabète et à l’arthrite sont plus exposés après 50 ans, les douleurs aux pieds font souffrir 80% des femmes et 20% des hommes. Pourquoi cette inégalité ? Les femmes paient ainsi l’effet coquetterie du port de jolies chaussures étroites et à talons hauts qui compriment les pieds. D’une largeur généralement confortable, les chaussures des hommes sont moins traumatisantes.
L’anatomie du pied est complexe. Celui-ci possède 26 os, répartis 3 groupes osseux : tarse, métatarses et orteils, une trentaine d’articulations et de muscles, une cinquantaine de ligaments, des nerfs, un réseau important de vaisseaux et beaucoup de tissus organiques. Sous l’effet du vieillissement, le capiton plantaire s’atrophie entraînant ainsi une plus forte compression des terminaisons nerveuses sous la peau. Les articulations s’ankylosent. Les points de douleurs aux pieds sont naturellement nombreux. Leurs soins relèvent de la compétence de différents spécialistes : pédicure - podologue, dermatologue, kinésithérapeute, rhumatologue, chirurgien.
Pathologies unguéales et cutanées
Avec l’âge, certaines personnes rencontrent des difficultés à se baisser pour atteindre leurs pieds. Toilette avec savon et bon séchage des orteils ne doivent cependant être négligés. En cas de transpiration excessive, l’application quotidienne de crèmes, talc ou spray anti-transpirant est également recommandée. Ses soins quotidiens d’hygiène préviennent le développement d’infections bactériennes ou fongiques.
La plus connue de ces dernières est la mycose. Non douloureuse, cette infection caractérisée par une modification de la coloration de l’ongle (ongle devenu jaunâtre) et par l’apparition de peaux sous l’ongle qui commence à se décoller peut ne pas inquiéter et laisser sans réaction. Pourtant à ce stade, un traitement local est nécessaire (soins de pédicurie, pose d’un vernis anti-mycosique) faute de quoi, l’infection continue d’évoluer. L’ongle prend alors progressivement l’aspect du bois vermoulu avant de se décoller complètement. Un traitement plus lourd, par voie orale avec des antibiotiques s’impose pour enrayer l’infection. Il est particulièrement long, le temps du renouvellement total de l’ongle.
La mycose peut aussi se localiser entre les orteils : c’est le pied d’athlète. Un traitement local est suffisant pour soigner petites peaux et coupures. Il comprend un lavage antiseptique liquide et l’application d’une crème
anti-mycosique après un séchage soigné.
Les ongles épais des orteils peuvent être difficiles à couper soi-même. L’opération devient même délicate quand la vue baisse. Mieux vaut donc s’en remettre à un podologue pour éviter toute incarnation d’ongle. L’ongle incarné est souvent le résultat d’une mauvaise coupe. Enfoncé, dans la chair il finit par causer une plaie susceptible de s’infecter. Souvent recommandée, la taille au carré des ongles d’orteil n’est pas la panacée. Les podologues préconisent de respecter le bord libre de l’ongle et d’arrondir les coins sans trop les dégager.
Quand un ongle trop incurvé engendre des incarnations répétées, le podologue peut proposer le recours à l’orthonyxie. Cette technique consiste à poser une languette ou une agrafe, sur mesure, à l’ongle déformé pour le redresser progressivement au cours de sa croissance. Possible quand l’ongle est relativement fin, elle est longue (6 mois environ) et ses résultats sont mitigés.
Les callosités
A chaque pas, le pied s’affaisse et s’allonge dans la chaussure provoquant frottements et pressions. A ces endroits bien précis, la peau s’épaissit et des lésions cutanées peuvent survenir. Ce sont les cors et les durillons.
D’apparence circulaire, les cors siègent sur la face dorsale des articulations des orteils. Pour éviter tout saignement, il est préférable de confier leurs soins à un spécialiste qui retirera la partie dure de l’épiderme par exfoliation. Ces soins sont indolores. L’emploi de coricides, en vente en pharmacie et parapharmacie, est déconseillé, car ces crèmes ou gels contiennent des substances acides. Appliqués en cataplasme, ils irritent l’épiderme sain environnant la callosité. En revanche, l’utilisation de protections adaptées à l’état du cor soulage bien. Il convient simplement de s’assurer que celles-ci laissent respirer la peau des zones isolées.
Le cor appelé l’oeil de perdrix du fait de son aspect, rougeur ronde avec point noir, est dû aux frottements de deux saillies phalangiennes. Il siège entre deux orteils. La couche cornée doit être retirée. Après traitement, le port d’un écarteur d’orteils qui évite tout chevauchement est indiqué sinon, le cor se reforme en moins de 10 jours et des complications apparaissent.
Les durillons apparaissent sous la plante des pieds, au niveau des zones d’appui (avant-pied, talon). Ils sont fréquents chez les sujets ayant un avant-pied rond. Outre les soins de pédicurie, l’orthèse plantaire est souvent indiquée pour corriger une mauvaise répartition des zones d’appui.
Plus graves sont les troubles statiques du pied qui gênent la marche. Ils surviennent sous l’effet d’une plus grande fragilité des ligaments qui provoque un affaissement de la voûte plantaire ou de la structure du pied. Conséquence : les pieds se déforment. Ces déformations sont irréversibles. Parmi elles, l’hallux valgus est une déviation du gros orteil vers l’extérieur. Cette anomalie est due à une déformation de première l’articulation métatar-sophalangienne. Poussée vers l’extérieur, celle-ci crée l’oignon. Il est fréquent chez les personnes aux pieds larges et surtout chez les femmes. Peu de remèdes peuvent soulager ses douleurs. Le dernier recours, l’intervention chirurgicale reste exceptionnelle.
L’hallux rigidus est une forme d’arthrose localisée à l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil sans déviation. Des douleurs au niveau de l’articulation se font d’abord sentir avant l’apparition d’une limitation de la flexion dorsale du gros orteil. Souvent, le gros orteil se déforme en barquette. Le port d’orthèse correctrice est conseillé pour favoriser son appui.
La polyarthrite rhumatoïde est une inflammation de plusieurs articulations. Elle entraîne souvent des déformations sévères du pied qui peut prendre l’aspect de griffes, griffes en marteau, griffes inversées. Un rhumatologue prescrit un traitement à base de médicaments pour soulager l’inflammation. Le port de semelles orthopédiques qui corrigent les troubles de l’appui est également indiqué pour prévenir la formation de cors et durillons. Au pied comme ailleurs, la chirurgie reste le dernier recours après échec des traitements médicaux et orthèses douloureux. Elle reste le domaine de spécialistes. Et si l’acte chirurgical atteint son résultat, sa cicatrisation est particulièrement longue et les suites opératoires n’échappent souvent pas à des complications.
Bien chaussé
Pour garder des pieds en forme, être confortablement chaussé reste la meilleure des préventions. Une bonne chaussure est adaptée à la morphologie et à la physiologie du pied. Suffisamment large et souple, elle assure protection et maintien. Ses coutures ne doivent pas provoquer de frottements avec une articulation ou une saillie osseuse. La bonne hauteur de son talon varie entre 20 et 25 mm pour l’homme et 40 à 50 mm pour la femme. Une semelle en caoutchouc naturel améliore le confort plantaire.
Quand le port d’une paire de chaussures devient difficile à supporter, il est recommandé de porter des semelles orthopédiques qui ne doivent pas être l’objet de réticences. Conçues sur mesure par des spécialistes, elles apportent de bonnes corrections et se placent dans des chaussures de série. De plus, elles ne demandent pas de temps d’adaptation. Au contraire, un effet positif peut être ressenti dans l’heure qui suit le port. Outre les soins d’hygiène, il est bon de prendre le temps de dorloter des pieds sensibles : soins réguliers chez un pédicure, bains et massage pour activer la circulation sanguine et petits exercices pour entretenir la souplesse musculaire.
Irène Lorgeré
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