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Forme et Santé

L’arthrite

L’arthrite, tout comme l’arthrose, est une maladie des articulations. Elle est de type inflammatoire alors que l’arthrose est une défaillance mécanique due à l’usure du cartilage. Tout comme il existe plus de 100 types d’infections, il existe plus de 100 types d’arthrites différentes.

L’arthrite est si répandue que la plupart d’entre nous souffrent au moins d’une de ses variantes, une fois dans sa vie. Son apparition n’est pas liée à l’âge, mais sous l’effet du vieillissement elle devient plus fréquente et peut présenter certaines particularités. Dans tous les cas, il convient d’apprendre à vivre avec pour conserver son rythme de vie et garder le moral.

Le corps humain comporte 200 articulations différentes qui unissent les os entre eux. Leur rôle est essentiel. Les articulations des hanches, des genoux et des chevilles nous permettent de marcher, courir et sauter. Celles de nos épaules, de nos coudes et de nos poignets nous servent à remuer les bras. Quant à celles des mains, elles nous permettent de saisir et de tenir des objets. Toutes les pathologies articulaires inflammatoires sont chroniques. Elles touchent la synoviale, membrane sur la surface externe de chaque articulation. Celle-ci produit en permanence la synovie, liquide qui préserve l’état du cartilage et agit comme lubrifiant. Quand la synoviale est enflammée, elle sécrète en excès une synovie de viscosité inadéquate. L’articulation enfle et s’enraidit.

La polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est la plus fréquente et la plus sévère des pathologies articulaires inflammatoires, car elle peut être très invalidante et est malheureusement incurable.
L’ANDAR (Association Nationale de Défense contre l’Arthrite Rhumatoïde) estime à 600 000, le nombre de personnes atteintes par la maladie qui touche 3 fois plus de femmes que d’hommes. Elle peut survenir à tout âge et apparaît plus fréquemment chez les femmes autour de 30 ans et au moment de la ménopause. Si sa cause reste inconnue, il n’est pas rare de la voir commencer à la suite d’une agression physique ou psychologique, contrariété grave, deuil.
Quand elle se manifeste, les plus petites articulations (poignets, mains et avant-pieds) sont généralement les premières touchées par l’enflure et l’enraidissement. Ses symptômes peuvent apparaître brutalement et des douleurs peuvent perturber le sommeil. Ils sont généralement aggravés en début de matinée et nécessitent un dérouillage matinal d’une durée variable, une demi-heure à 3 heures.
Chez le sujet âgé, cette maladie peut commencer par atteindre les épaules et les hanches. On parle alors de pseudopolyarthrite rhizomélique, connue sous le nom de rirga (Rhumatisme Inflammatoire Rhizomélique des Gens Agés) par le milieu médical. Cette dernière se caractérise par des déformations plus importantes des articulations. En outre, le malade ressent une grande fatigue qui peut le conduire à un état de déprime. Conséquence, il préfère limiter ses sorties pour éviter de mettre à contribution ses articulations. Cet état alerte souvent les rhumatologues qui recourent alors à des tests inflammatoires biologiques pour diagnostiquer la maladie. Quand de violents maux de tête viennent s’ajouter aux premiers symptômes, le malade peut être touché par l’artérite inflammatoire de Horton. Un traitement médical à base de cortisone en milieu hospitalier s’impose alors de toute urgence. Car faute de traitement, l’artère qui arrive à la rétine de l’oeil peut se boucher et le malade peut perdre la vue. Cette pathologie guérit toujours et il n’y a jamais de rechute.

La goutte

Certaines pathologies sont dues à la formation de cristaux intra-articulaires. La plus connue d’entre elles est la goutte. La goutte se manifeste lorsque le taux d’acide urique sanguin s’élève trop et que des cristaux constitués de cet acide s’accumulent dans les articulations qu’ils finissent par détériorer. C’est ce qui peut se passer suite à certains excès alimentaires, notamment les gibiers, les abats ou même l’alcool. La goutte touche bien davantage les hommes que les femmes âgés entre 35 et 60 ans. Elle est héréditaire toutefois, les personnes les plus exposées sont les sujets qui ont tendance à l’embonpoint et ceux qui ont de l’hypertension.
Les crises de goutte affectent n’importe quelle articulation. Celles des gros orteils et du milieu du pied le sont plus souvent que d’autres (chevilles, genoux, poignets, coudes et doigts). Elles commencent habituellement par la survenue d’une douleur articulaire aiguë, accompagnée d’une inflammation et d’une coloration rouge bleuâtre de l’articulation.
Elles durent 10 jours et s’arrêtent même sans traitement. Les douleurs sont souvent insupportables. Un traitement à base de colchicine les enraye en moins de 24 heures. Certains sujets suivent un traitement prolongé à base de médicaments pour prévenir l’hyperuricémie ou favoriser l’élimination rénale de l’acide urique afin d’éviter de nouvelles crises.
Comme la goutte, la chondrocalcinose résulte de la présence anormale de cristaux de pyrophosphate de calcium dans la cavité articulaire, mais elle est de type infectieuse. L’intrusion de germes dans les articulations est due à la présence d’un microbe dans le sang (septicémie), sur la peau (plaie cutanée). La maladie touche plus particulièrement les personnes âgées qui ressentent des douleurs aux poignets, aux genoux, et aux hanches.

Soigner l’arthrite

Les traitements médicaux ne peuvent bien souvent, ni guérir l’arthrite ni en prévenir l’évolution. Malgré ce, ils restent nécessaires pour soulager les douleurs et conserver leur mobilité aux articulations afin d’éviter que leur raideur ne s’accentue. Le choix d’un traitement médicamenteux passe souvent par une période de tâtonnements. En effet, d’un malade à l’autre, la réaction à la prescription faite par le rhumatologue varie. Les médicaments du type anti-inflammatoires et ceux de la catégorie des corticoïdes sont les plus souvent prescrits. En soulageant la douleur et en luttant contre la réaction inflammatoire, ils contribuent à limiter la raideur articulaire à laquelle les malades doivent faire face. Leurs effets secondaires sont souvent redoutés : troubles gastriques, affections cutanées, gonflements du visage. Bonne nouvelle, d’ici à quelques mois, de nouvelles formules sans toxicité digestive pourront être délivrées sur prescription.
Outre la voie buccale, l’administration de corticoïdes peut s’effectuer par infiltrations intra-articulaires pour supprimer l’inflammation. Les infiltrations ont l’avantage d’avoir un effet immédiat. Elles doivent être pratiquées par un spécialiste qui procède à une anesthésie locale pour engourdir la peau et les tissus immédiatement sous-jacents. L’amélioration se traduit rapidement et dure plusieurs mois. On peut en pratiquer 2 à 3 par an. Quand l’articulation présente un oedème dû à l’accumulation de liquide, le médecin peut ponctionner une partie de l’excès de liquide pour réduire l’oedème et donc l’importance de la douleur.

La physiothérapie

La physiothérapie vise à apporter une amélioration durable. Sa panoplie est large, elle comporte : le massage, la manipulation et la gymnastique. Le phytothérapeute pratique la manipulation articulaire et osseuse pour dégripper des articulations bloquées. La manipulation reste délicate et est souvent contre-indiquée, notamment chez les malades atteints de polyarthrite. Un bon massage réalisé par un professionnel, peut soulager douleur et raideurs articulaires. Il défait les noeuds musculaires qui s’accumulent lorsque le patient est anxieux, tendu et stressé. La chaleur est un autre moyen d’apaiser la douleur. Pour bénéficier de l’effet sédatif de la chaleur, il suffit de poser une serviette chaude, un coussin chauffant, ou une bouillotte sur la zone douloureuse. Quant à la cure thermale, elle doit être indiquée par un rhumatologue, car elle peut déclencher des crises.

Ménager les articulations

Les sujets à l’arthrite doivent conserver un rythme de vie aussi normal que possible en évitant tout effort ou tension mécanique abusif sur leurs articulations. Aussi, l’adoption de quelques précautions est fortement conseillée. En voici quelques unes : réglez à bonne hauteur son lit ainsi que celles des sièges utilisés pour n’imposer aucun effort inutile à son dos, ses hanches et ses genoux lorsqu’on s’assoit ou se lève. Organisez sa journée de façon à éviter de monter et descendre les escaliers en permanence. Préférez utiliser un sac à bandoulière plutôt qu’un sac à prendre à la main, ne le surchargez pas et passez le d’une épaule à l’autre. Evitez les mouvements et les positions qui entraînent une déviation de la main et des doigts. Faites appel aux paumes des mains et aux muscles de l’avant-bras, par exemple lorsque vous tournez un robinet qui grippe, ou enlevez le couvercle d’un bocal. Prenez l’habitude d’utiliser une pince à bocaux pour les dévisser. Lorsque les articulations des pieds sont déformées, le port de semelles orthopédiques pour rétablir les zones d’appui et éviter une aggravation est indiqué. De même, le malade peut poser des attelles de repos la nuit. Lorsque les articulations sont enflées, elles doivent se reposer. Mais leur repos ne doit pas être anormalement prolongé, car elles peuvent se bloquer dans une position et entraîner des fontes musculaires. Un programme quotidien d’activités physiques, défini avec un médecin, est donc nécessaire pour faire fonctionner les articulations quand elles ne sont pas douloureuses afin de préserver leur mobilité et d’en prévenir la raideur.

Précautions alimentaires

Des études ont montré que seuls 2 facteurs diététiques ont une influence sur les arthropathies (hormis les restrictions alimentaires imposées par la goutte). Chez une personne ayant de l’embonpoint, les articulations portantes (hanches, genoux, chevilles et colonne verticale) sont soumis en permanence à un effort mécanique inutile. Perdre du poids et rester mince est essentiel. La réduction de la portion calorique doit être étudiée avec un médecin. En outre, un régime végétarien excluant les viandes et les produits laitiers peut être recommandé aux personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde. En effet, des études ont montré que des sujets qui suivent ce régime alimentaire jouissent d’une diminution du nombre des articulations oedémateuses et d’une raideur bien moindre à endurer au réveil. Simple régime ou régime végétarien, l’alimentation doit rester saine et équilibrée. Il est plus sage d’en parler avec un médecin pour pallier à toute carence, notamment celle en calcium et éviter l’absorption excessive de graisses.

Irène Lorgeré

 
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