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Forme et Santé

Dermatologie et cures thermales

Les eaux thermales sont des eaux minérales et non des eaux de source. Leurs caractéristiques physico-chimiques : oligo-métalliques, bicarbonatées, sulfurées, ... varient d’une source à l’autre mais sont immuables pour chaque source. C’est ce qui permet d’en définir les orientations thérapeutiques. La dermatologie est l’une d’entre elles.

La cure thermale n’est pas une alternative à une thérapeutique, en revanche elle peut contribuée à la prise en charge d’affections cutanées chroniques. Contre-indiquée dans les cas de cancer, de tuberculose cutanée et de maladies de peau infectées, la cure thermale est, en revanche, bénéfique pour soigner des problèmes de peau de type chronique. Psoriasis et eczémas sont les deux maladies chroniques les plus fréquentes en dermatologie.

Le psoriasis classique

On distingue différentes formes de psoriasis. Le psoriasis dit classique apparaît sous forme de plaques rouges avec squames. Il se localise essentiellement sur le cuir chevelu, les coudes, les genoux, mais peut aussi apparaître près du nombril, sur les fesses, la paume des mains et la plante des pieds.
Ces lésions chroniques, inesthétiques mais souvent peu gênantes, sont plus marquées à l’automne et au printemps qu’en hiver ou en été. Elles surviennent communément sous l’effet d’un stress physique ou psychique et de la prise de certains médicaments comme les bétabloquants ( prescrits pour soigner les maladies cardio-vasculaires et l’hypertension). Elles peuvent également être déclenchées par des foyers infectieux chroniques, dentaires ou oto-rhino. Toutes ces circonstances ne font que révéler un terrain génétique sous-jacent. Le psoriasis classique ne se guérit pas. Les traitements prescrits par les dermatologues consistent à blanchir les lésions avec les moyens les moins toxiques possibles. La corticothérapie locale est le traitement de base. Les sujets présentant un petit nombre de plaques sont soignés avec des pommades contenant de la cortisone ou des comprimés dérivés de vitamines D et A. Quand les plaques sont nombreuses et étendues, les dermatologues prescrivent une série de 20 séances d’ultra-violets, à raison de 3 par semaine.

Les psoriasis compliqués

Le psoriasis peut revêtir deux autres formes cliniques, plus étendues -puisque l’ensemble du corps présente des lésions- et plus dangereuses : le psoriasis érythrodermique et le psoriasis pustuleux. Pour ces deux affections, un traitement en milieu hospitalier est souvent nécessaire. Il peut durer plusieurs semaines et exige un suivi biologique plus long. Dans le cas du psoriasis érythrodermique, la peau est très inflammatoire, rouge vif et peu squasmeuse. Les malades perdent de la chaleur, de l’eau et des protéines. Ils suivent un traitement par voie orale avec de la Soriatane, dérivé de vitamine A. Les dermatologues peuvent aussi prescrire alternativement deux autres médicaments la Ciclosporine et le Méthotrexate. En complément, des soins locaux sont aussi appliqués pour graisser la peau avec une pommade très épaisse, du type Cold Cream par exemple, préparée en pharmacie. Cette application rétablit une barrière artificielle physique. Une fois une nette amélioration de l’état de la peau obtenue, un traitement d’entretien est nécessaire.
Les traitements médicamenteux sont très proches pour soigner le psoriasis pustuleux, caractérisé par l’apparition de pustules blanches sur la peau. Les soins locaux utilisant des dermocorticoïdes et des dérivés de vitamine D sont appliqués pour réduire l’inflammation et débarrasser la peau des pustules. Quand ces différents psoriasis persistent ou récidivent malgré les traitements, les dermatologues peuvent proposer le recours à la cure thermale qui améliore l’état de la peau et permet, dans certains cas, d’interrompre des traitements qui sont parfois lourds. Les soins à partir d’eaux thermales diminuent l’inflammation et accélèrent la cicatrisation si bien qu’au terme de la cure, les lésions ont généralement régressé et le rythme des poussées ralentit pendant l’année qui suit la cure. Enfin le psoriasis peut affecter les articulations, on parle alors de rhumatisme psoriasique (qui se présente comme une polyarthrite rhumatoïde) ou de psondylarthrite (localisée surtout autour de la colonne vertébrale). Ces affections sont souvent invalidantes et difficiles à traiter.

Eczéma

L’eczéma est une autre pathologie bénigne, chronique, que certains spécialistes qualifient de véritable nébuleuse tant ses aspects et ses causes sont divers. Sa première forme, la dermatite atopique est une affection qui touche particulièrement les enfants et qui peut perdurer à l’âge adulte. Elle est souvent intriquée avec d’autres symptômes tels que l’asthme, la rhinite la sinusite ou la conjonctivite. Les poussées d’eczéma se manifestent par des lésions inflammatoires très prurigineuses, mal limitées, éventuellement suintantes qui se localisent aux grands plis de flexion, aux poignets et aux chevilles. L’eczéma peut également se développer en réaction à un contact bien défini par exemple le chrome ou le nickel. Ce dernier métal est contenu dans les poignées de portes, les couverts de table, les boutons, la monnaie ou encore les boucles de ceinture et les bijoux fantaisie. Les lésions se localisent alors sur les zones exposées à l’agent extérieur. Le premier traitement des eczémas de contact consiste à identifier l’allergène. L’utilisation d’antiseptiques et de dermocorticoïdes est très souvent nécessaire pour des applications locales régulières.
L’application d’émollients peut être préconisée en complément. Les eczémas, dermatoses prurigineuses, souvent insomniantes, s’auto-entretiennent souvent par lésions de grattage avec un risque permanent de surinfection. La cure thermale permet de casser ce phénomène d’auto-entretien. Les eaux thermales quoique toutes très différentes, sont généralement bicarbonatées et parfois calciques, ce qui leur confère des propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes.

Les principaux soins

D’un établissement à l’autre, le programme de soins varie suivant les qualités de l’eau, l’usage qui en est fait et l’importance de l’équipe d’encadrement. Il s’échelonne généralement sur 18 jours. Toutefois, certains soins peuvent être considérés comme traditionnels de la cure thermale dermatologique. Réalisée par un médecin thermal, la douche filiforme consiste à diriger sous pression réglable, un jet très fin sur les lésions pour les décaper tout en assurant un massage profond du derme. Elle a un effet calmant et anti-prurigineux. Les pulvérisations locales ou générales consistent à imprégner l’épiderme à partir de fines projections d’eau sous pression à travers un tamis. Elles ont un effet apaisant et émollient grâce au dépôt d’un pansement silicaté calcique, caractéristique de l’eau thermale. Quant aux bains simples ou aérogazeux, ils ont une action décongestionnante et relaxante. Une cure de boisson diurétique et détoxicante est parfois associée aux soins dans certaines stations. La cure thermale est une thérapeutique complexe où interviennent également le changement de milieu et le climat. En effet, les stations thermales sont d’agréables cadres de vacances, propices à la détente avec de nombreuses possibilités de loisirs en plein air. Enfin, la cure favorise la réinsertion affective et sociale des malades qui prennent conscience de ne pas être seuls dans leur cas. L’équipe pratiquant les soins est souvent complétée de psychologue, maquilleur et esthéticienne. Ces derniers aident utilement les curistes à retrouver équilibre et meilleure qualité de vie. Ils organisent des réunions pour exposer des conseils pratiques sur les pommadages quotidiens, répondre à des questions et donner des recommandations en guise de prévention. Bref, si vous êtes atteint d’une maladie de peau de type chronique et tenté par le suivi d’une cure thermale, parlez-en avec votre dermatologue. Il vous donnera son point de vue et vous aidera, au besoin, à accomplir la démarche à suivre pour la prise en charge des soins par la caisse d’assurance maladie.

Irène Lorgeré

 
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