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Le vieillissement masculin
Comme on parle de la ménopause pour la femme, on utilise le terme andropause pour désigner des troubles variés chez l’homme liés au vieillissement.
Pourtant, les deux phénomènes ne sont pas comparables puisque si toutes les femmes deviennent ménopausées avec un arrêt de la fertilité et l’arrêt ou la diminution radicale de la production des hormones sexuelles, rien de tel ne se passe chez les hommes. Ils sont en effet épargnés dans leur grande majorité par des modifications hormonales brutales et ils sont capables de procréer quasiment jusqu’à la fin de leurs jours.
L’andropause
On estime que l’andropause n’affecte qu’une petite proportion d’hommes, 5 à 10%. Elle intervient sous le coup d’un déficit hormonal, notamment en testostérone dans l’organisme de l’homme. La testostérone est la principale hormone mâle. Elle est très influente tout au long de la vie. A la puberté par exemple, c’est elle qui décide de la métamorphose physique et psychique du petit garçon en adolescent. A l’âge adulte, elle permet à l’homme de rester homme. Elle joue sur le désir sexuel, les aptitudes intellectuelles. Après 60 ans, la baisse de cette hormone s’installe progressivement. D’autres hormones diminuent également progressivement à partir de cet âge.
Le diagnostic de l’andropause repose sur des dosages hormonaux ainsi que sur les réponses apportées à un questionnaire spécifique par les patients lors d’une consultation chez le médecin. Plusieurs symptômes la caractérisent. En voici quelques-uns :
Des troubles de l’humeur associés à une baisse de l’activité intellectuelle et un certain degré de fatigue générale ainsi que des troubles du sommeil peuvent survenir. Une prise de poids abdominale, une diminution de la densité minérale osseuse conduisant à l’ostéoporose, une diminution du désir sexuel et de la fonction érectile sont également des signes qui contribuent au diagnostic. Les troubles de la sexualité sont extrêmement fréquents et résument souvent ce que les patients mettent sous le terme d’andropause.
En fonction de l’ensemble des données cliniques et de laboratoire, le médecin peut décider de l’administration d’un traitement hormonal. Les possibilités thérapeutiques retenues actuellement reposent toutes sur la testostérone ou l’un de ses dérivés très proches. Ces médicaments ont tous des avantages et des inconvénients, aucun ne remplit toutes les conditions d’un traitement de substitution idéal. Le dosage doit alors être particulièrement bien ajusté pour une efficacité qui atténue les effets du vieillissement.
La prostate
Chez l’homme, le vieillissement affecte essentiellement un organe précis : la prostate. La prostate est une glande de l’appareil génital masculin de la taille et de la forme d’une châtaigne. Elle est située à la base de la vessie, précisément dans la zone où celle-ci forme un entonnoir et se poursuit par le canal de l’urètre, qui permet d’évacuer les urines à l’extérieur. Elle est faite de noyaux ou nodules juxtaposés, plus ou moins volumineux, entourés de cloisons fibreuses qui maintiennent la cohésion de l’ensemble.
A l’état normal, cette glande est élastique et souple et ne s’oppose pas à la miction sous l’effet de la contraction de la vessie. Son rôle essentiel est de sécréter le liquide prostatique, substance nutritive qui améliore la qualité du sperme. Elle est donc impliquée dans la fertilité. Elle n’a aucun rôle urinaire mais elle entraîne des symptômes urinaires car elle entoure l’urètre et peut le comprimer quand elle augmente de volume.
La prostate évolue avec l’âge et les modifications hormonales. Elle parvient à maturité vers 20-25 ans, âge auquel elle se stabilise jusqu’à la quarantaine. Elle peut s’hypertrophier sous l’effet du vieillissement et exceptionnellement atteindre la taille d’une pomme. Chez la plupart des hommes, à partir de 50 ans, les cellules de la prostate se mettent donc à proliférer. Ce phénomène peut être à l’origine de troubles gênants . Cet organe est le siège de trois affections principales.
L’adénome
L’adénome est également appelée hyperplasie bénigne de la prostate et hypertrophie prostatique. C’est l’une des affections les plus courantes en urologie. Sa fréquence augmente très régulièrement avec l’âge. Elle touche 50 à 70 % des hommes de plus de 50 ans et 80% des hommes de plus de 80 ans seraient concernés. Et on estime que la moitié des hommes de 60 ans ont des troubles urinaires en rapport avec une hyperplasie bénigne. L’adénome associe deux phénomènes : la prolifération des cellules prostatiques et l’augmentation progressive du volume de la prostate.
Tant que la prostate garde la taille d’une châtaigne, l’homme ne s’en préoccupe pas. La vessie se vide librement et totalement en une seule miction. Lorsqu’elle augmente de volume, elle comprime l’urètre et un certain nombre de troubles urinaires apparaissent : envies d’uriner très pressantes et impossibles à retenir, envies fréquentes souvent nocturnes, fuites incontrôlées, faibles jets urinaires, retardés ou interrompus, difficultés à uriner. Il n’y a pas de corrélation entre le volume prostatique et les troubles mictionnels. La situation se complique parfois d’infections urinaires récidivantes, d’insuffisance rénale...
Même bénigne, elle peut entraîner une détérioration de la qualité de vie, c’est pourquoi dès l’apparition des premiers signes, il est préférable de consulter un médecin ou un urologue pour poser le diagnostic et établir le bilan et l’état des symptômes.
La prostatite
La prostatite est une inflammation de la prostate due à une infection microbienne. Elle se manifeste par de la fièvre, des douleurs, des troubles mictionnels et des brûlures urinaires. Un examen des urines suffit à la déceler. Un traitement par antibiotiques est prescrit pour l’enrayer. Le respect quelques conseils hygiéno-diététiques participent également à la bonne réussite du traitement. Par exemple, l’apport hydrique doit être maintenu tout en le modulant en fonction de l’activité. Les eaux minérales diurétiques sont à éviter car elles augmentent la fréquence des mictions. Certains aliments irritants sur le plan prostatique et pelvien sont à éliminer : poivre, piment, moutarde, alcool, par exemple.
Le cancer de la prostate
Le cancer de la prostate est une affection extrêmement répandue chez l’homme de plus de 50 ans. Il se développe souvent très lentement. Quand il évolue, il peut s’étendre en dehors de la prostate, par envahissement direct des tissus et des organes qui l’entourent et il peut essaimer au bout de plusieurs années dans d’autres organes à distance de la prostate.
Au début, il n’entraîne aucune gêne. A un stade évolué, il peut se manifester par des troubles urinaires, une rétention d’urine, des douleurs osseuses, une altération de l’état général ( perte de poids, fatigue, manque d’appétit ..). Il existe alors souvent déjà des métastases.
On peut le diagnostiquer précocement à l’occasion d’un toucher rectal. Bien que désagréable, cet examen permet au médecin d’apprécier le volume de la prostate, la régularité de ses contours et la consistance de sa glande. Il peut percevoir une induration localisée ou étendue, respectant ou pas les contours de la prostate alors qu’il n’y a encore aucun signe clinique. Il est recommandé aux hommes à partir de la cinquantaine pour un dépistage à un stade précoce, gage de guérison car il est alors localisé à la prostate sans extension en dehors d’elle.
Un autre examen est aussi pratiqué pour détecter un risque de cancer, c’est le dosage du PSA, Antigène Spécifique Prostatique. Plus son taux est élevé, plus le risque de cancer est élevé. Il est également élevé dans le cas d’adénome ou d’autres troubles. Ces deux examens sont souvent associés. Quand ils laissent entrevoir un risque de cancer, des biopsies sous échographie sont pratiquées pour déceler des lésions suspectes et les analyser.
Il n’existe pas en France de campagne de dépistage de masse du cancer de la prostate, le corps médical encourage les hommes de 50 ans et plus à aller spontanément se faire examiner tous les ans. S’il existe des antécédents familiaux, le risque de développer un cancer devient dix fois supérieur à la moyenne. Mieux vaut alors se faire prendre en charge plus tôt, avant 50 ans.
Irène Lorgeré
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