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Regard sur la chirurgie esthétique
Environ 250 000 opérations de chirurgie esthétique sont pratiquées en France chaque année. Cette spécialité est née de la chirurgie plastique et reconstructive qui a pour but d’améliorer ce qui a été mal construit (malformations congénitales) ou ce qui a été détruit ou altéré par une tumeur, un traumatisme, un accident.
La cicatrisation n’est jamais totalement prévisible et les interventions loupées ne sont pas rares et causent de véritables drames psychologiques , difficiles à surmonter. Il est donc absolument nécessaire de bien connaître toutes les techniques de réparation des multiples opérations envisageables pour pouvoir les utiliser en vue d’améliorations. De la tête au pied, regard sur les principales interventions pratiquées.
S’assurer des mains d’un vrai spécialiste
La chirurgie esthétique fait partie intégrante de la chirurgie réparatrice. Pourtant, plus de trente ans ont été nécessaire pour qu’elle obtienne une reconnaissance officielle. Si dès 1970, le Conseil de l’Ordre des Médecins reconnaît la compétence en “Chirurgie Plastique et Reconstructive”, il faudra encore quelques années supplémentaires pour faire admettre le qualitatif d’esthétique. Et c’est seulement en 1984 qu’est organisé le diplôme d’Etudes Spécialisées de Chirurgie Plastique et Reconstructive, comprenant un module de chirurgie esthétique. Celui-ci devient un diplôme d’études spécialisées à part entière seulement en 1988. Un an plus tard, cette spécialité est officiellement reconnue par les instances nationales et européennes, tel le Conseil de l’Ordre des Médecins. Cette reconnaissance tardive a permis de commencer à assainir la profession et de mettre fin à l’utilisation abusive des pseudo-qualifications en esthétique. En France, quelque 3000 praticiens exercent la chirurgie esthétique. Seuls 500 sont diplômés. De ce fait, l’information occupe dans ce domaine une place très importante pour assurer la garantie de résultats espérés et écarter les pratiques douteuses, les publicités mensongères et les produits dangereux dits miracles.
Les paupières
C’est autour des yeux qu’apparaissent les premiers signes de vieillissement. La restructuration des paupières est donc très demandée dans la chirurgie du rajeunissement. Différentes interventions sont possibles. Elles consistent toutes à supprimer les excès de peau et de muscle donnant un aspect de peau ridée et / ou les excès graisseux, ces poches qui alourdissent le regard.
Avant l’intervention, un examen attentif est nécessaire car certains relâchements attribués aux paupières sont en réalité la conséquence de la chute des sourcils lors du vieillissement frontal. Dans ce cas, un lifting sur cette zone est pratiqué et on ne touche pas aux paupières.
L’affaissement de la paupière supérieure (appelé la ptôse) est traité de deux façons : soit directe avec une incision cutanée qui permet d’enlever la peau, le muscle orbiculaire en excès ainsi que les hernies graisseuses internes, soit indirecte avec un lifting frontal ou temporal qui consiste à remonter les structures sourcilières et sus sourcilières. Le traitement de la paupière inférieure se fait généralement par voie externe avec une incision le long du bord palpébral qui permet au chirurgien de décoller la peau et le muscle orbiculaire distendus et de supprimer les tissus en excès. L’incision est ensuite refermée par un fil très fin ou une colle cutanée.
Ces interventions, pas forcément sous anesthésie générale, causent un oedème, souvent accompagné de bleus, qui persiste plusieurs jours avant de se réduire progressivement.
Les rides et les cicatrices cutanées
La disparition des rides, le gommage des cicatrices, l’élimination de petites irrégularités de peau sur le visage échappent maintenant bien souvent à des interventions chirurgicales lourdes comme le lifting. En effet, les ridules de la patte d’oie, les plis d’amertume au coin de la bouche, la ride de la tortue (apparaissant à la jonction de la bouche et du menton) peuvent maintenant être corrigés par des produits de comblement, en tête le collagène et l’acide hyaluronique, administrés par injections.
L’usage du collagène exige la réalisation de 2 tests d’allergie, à 3 semaines d’intervalle. Son principal inconvénient est sa durée de vie relativement limitée, de 3 à 12 mois. Par ailleurs, la technique d’injection joue un rôle déterminant dans l’obtention de résultats satisfaisants car chaque produit de comblement a sa propre consistance, ses sites de prédilection et sa profondeur d’injection (en surface, en profondeur).
Front, pommettes, joues ou cou
Pour restructurer ces zones du visage qui se déplacent vers le bas avec les années sous l’effet de la pesanteur le chirurgien peut recourir à un lifting. Il n’existe plus aujourd’hui un, mais des liftings dont l’objectif est de remonter les tissus pour les remettre à leur place initiale. Ce n’est plus une opération cutanée avec étirements de la peau, mais sous cutanée qui consiste à restructurer les volumes cutanéo-graisseux.Deux exemples.
le lifting frontal corrige la distension de la peau du front et remet en place des sourcils descendus et pesant sur les paupières. Une grande incision, cachée dans les cheveux est la technique la plus couramment employée. Elle permet de décoller la peau du front vers l’avant, puis de la retendre vers le haut et l’arrière. La cicatrice suturée est ensuite cachée sous les cheveux.
Plus connu, le lifting cervico-facial a également beaucoup évolué. Initialement, les muscles étaient tirés ce qui aboutissait à des déformations peu naturelles. Or en réalité, les muscles sont rarement affaissés, ce qui se détend, c’est la peau et la graisse. Le bon professionnel joue donc désormais sur ces deux éléments et redistribue l’ensemble peau et graisse sans les séparer l’une de l’autre grâce à de petites incisions sous la patte des cheveux, derrière l’oreille et dans la nuque. C’est ainsi qu’il redessine l’ovale du visage et le cou, supprime les bajoues et atténue les sillons de chaque coté du nez.
Une nouvelle technique dite endoscopique (introduction d’un endoscope par de petites incisions) peut être proposée pour rajeunir ces mêmes zones. Ces opérations imposent des examens préopératoires complets et de nombreux entretiens avec le chirurgien. Elles se pratiquent généralement sous anesthésie générale. Après, des sensations de tiraillement, des bleus et des gonflements et ecchymoses se font sentir pendant 8 à 15 jours selon l’importance du lifting.
Seins
Trop gros, trop petits, tombants ou asymétriques, les seins ne résistent pas aux agressions de la vie, aux maternités et aux variations pondérales. Les interventions de chirurgie esthétique les plus fréquentes se pratiquent sur des grosses poitrines à l’origine de complexes ou de douleurs dorsales en attitude voûtée, dues à leur poids. Dans ce cas précis, l’opération est prise en charge par la Sécurité Sociale. Ces opérations dites de réduction mammaire permettent d’enlever le double excédent cutané et glandulaire. Elle doivent respecter trois impératifs : 1/ garder une vascularisation suffisante à la partie du sein conservée 2/ répartir les cicatrices cutanées dans des zones où elles seront discrètes, 3/ obtenir un résultat morphologique symétrique et en harmonie avec la silhouette de la patiente.
La plastie mammaire de réduction est réalisée sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation de plusieurs jours. La cicatrice reste rouge pendant plusieurs mois et blanchit progressivement pendant un à deux ans. En cas de surcharge pondérale, un régime préalable est conseillé.
A l’inverse, la reconstruction mammaire sert à donner du volume aux poitrines trop petites et à masquer l’ablation d’un sein, parfois imposée dans le traitement de cancer. Les interventions consistent alors à implanter une prothèse. En France, les prothèses en silicone et celles remplies d’hydrogel sont interdites, les seules autorisées sont pour l’instant celles remplies au sérum physiologique. Le chirurgien place l’implant entre la glande mammaire et le muscle grand pectoral plus souvent, il le positionne derrière le muscle grand pectoral. L’intervention s’effectue sous anesthésie générale dans le cadre d’une hospitalisation de 48 heures en général.
Abdomen et culotte de cheval
Jusqu’à l’apparition de la lipoaspiration (inventée en 1979 par le Docteur Illouz ), la chirurgie esthétique de l’abdomen était fréquemment lourde avec une ouverture importante au bas de l’abdomen. Elle traitait alors essentiellement les problèmes d’obésité. Grâce à la liposuccion, les opérations varient selon l’état du ventre, la quantité de graisse, la qualité de peau et celle de la paroi musculaire. Elles consistent à retirer la surcharge graisseuse localisée au niveau de la paroi abdominale en utilisant des canules très fines introduites dans de petites incisions faites au niveau du nombril, du pubis et des flancs. Elles ne génèrent plus de réactions dites en “tôles ondulées” et sont généralement réalisées sous anesthésie générale ou péridurale. Au début de l’intervention, le chirurgien injecte souvent des produits qui vont limiter les petites hémorragies et les hématomes liés à l’agression des vaisseaux. L’aspiration terminée, il referme les incisions par un point de suture. Un panty compressif est mis à la fin de l’intervention, il doit être gardé un mois. Le ventre sensible et dur présente des bleus et des ecchymoses et retrouve sa souplesse au bout de 2 mois. La peau met entre 3 et 6 mois à se retendre. Même procédé pour la culotte de cheval.
La chirurgie esthétique est un acte chirurgical qu’il ne faut pas minimiser. Les indications des différentes interventions et leurs contre-indications sont précises et doivent être respectées. La loi autorise tout docteur en médecine à pratiquer n’importe quel geste chirurgical s’il s’en sent capable. Aussi, avant d’envisager une intervention, il est recommandé de s’assurer de la qualification du chirurgien dans ce domaine.
Irène Lorgeré
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