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Le Beaujolais des pierres
Lorsqu’on se balade dans le sud du vignoble, tout près de Villefranche-sur-Saône, ce qui frappe, ce ne sont pas les vignes, c’est la matière minérale.
Partout présente, utilisée dans la construction des maisons et des châteaux, mais aussi des églises, des lavoirs, des puits et des murets, elle domine le paysage. Sa couleur dorée, ocre clair ou rousse selon la période de l’année, est source d’une lumière douce et donne des reflets toscans aux villages. Le pays des pierres dorées est l’un des plus beaux sites des alentours de Lyon.
Chaque village possédait, à l’origine, une carrière de pierres tirées d’un sol calcaire et ferreux, affleurant sous l’argile, et faciles à tailler. Avant 1914, certaines étaient si actives qu’elles fournissaient non seulement le Beaujolais, mais aussi le Lyonnais... Jusqu’à la Suisse. Aujourd’hui, elles sont presque toutes abandonnées. Seules, celles de Jarnioux, Ville-sur-Jarnioux et Marcy sont encore en activité. Celle de Saint-Jean-des-Vignes a donné naissance au site des Pierres Folles, espace de découverte géologique et œnologique ouvert toute l’année au public. Aux abords de Lucenay, aux portes de Villefranche, la pierre prend une couleur plus claire. Elle est dite “blanche” et, là aussi, elle marque habitat et paysages.
Balade de village en village
Pour découvrir les maisons et les villages les plus typiques des pierres dorées, une balade de village en village s’impose à travers notamment les communes de Lacenas, Ville-sur-Jarnioux, Oingt, Bagnols et Charnay.
Lacenas et son merveilleux cuvage. L’immense bâtisse rectiligne de pierres dorées date du XVIIème. Trois fois l’an, elle accueille les “tenues” de la Confrérie bacchique des Compagnons du Beaujolais. Ceux-ci sillonnent le monde pour porter la bonne parole beaujolaise. Ils ont créé de nombreux “devoirs” relayant leur action. La cave voûtée de Lacenas, qui leur appartient, prête aux intronisations un décor unique... où, vêtus d’un gilet noir et d’un tablier de vigneron vert, et coiffés d’un chapeau sombre, les “ambassadeurs” du Beaujolais se retrouvent dans une ambiance de fête et de fraternité.
Jarnioux et son château. Épargné par les guerres, l’ensemble des bâtiments du château à six tours qui domine le village est l’un des plus impressionnants du Beaujolais. Classé monument historique, il possède une entrée superbe, à laquelle conduit un pont-levis orné des armoiries de la famille Henry qui tint la charge d’échevin de Lyon aux XVIe et XVIIe siècles. L’une des deux cours intérieures forme terrasse au-dessus du bourg. Elle conduit à un bâtiment Renaissance.
Ville-sur-Jarnioux et sa source. La petite histoire dit que la source de Ville-sur-Jarnoux, aujourd’hui tarie, permettait aux jeunes filles de trouver un mari. La route qui, depuis Theizé, sillonne entre bois et vignoble, Jusqu’au village, engendrerait plutôt la poésie. Quant au village lui-même, et ses hameaux, ils abritent quelques-unes des maisons les plus typiques des pierres dorées. L’église du XlVème siècle est réputée pour ses peintures murales, attribuées à un Autrichien qui aurait occupé le village après la défaite napoléonienne de 1814.
Theizé et son château des Passions. Rasé pendant la guerre de cent ans, puis reconstruit, et remanié par le beau-frère de la fille de Madame de Sévigné, le château de Rochebonne est doté d’une belle façade classique. Il a été acquis par la commune en 1984. A voir, au sein du bâtiment : la chambre du seigneur dont le parquet et les lambris sont d’origine (XVIIe), les peintures en trompe l’œil, l’escalier du XVIIe et, surtout, dans les caves voûtées du château, un musée dédié à la vinification beaujolaise.
Oingt, son donjon et ses ruelles moyenâgeuses aux noms inimitables. Classé depuis 1947, Oingt est l’une des principales curiosités touristiques des pierres dorées. Par 1’une des portes du village, la porte de Nizy, seul vestige des remparts détruits par le baron des Adrets en 1562, on grimpe jusqu’à l’église, en empruntant de petites rues escarpées, baptisées “Trayne-cul”, “Tyre-laine” ou “Coupe-jarret”. De l’ancien château demeure un donjon, une tour de 18 mètres de haut. Côté rue, au rez-de-chaussée, de nombreuses maisons ont vu s’installer des artisans : peintres, potiers, tisserands, fabricants de jouets en bois... qui donnent au village encore un peu plus d’authenticité.
Ternand et ses fortifications. Village perché sur un promontoire, au-dessus de l’Azergues, bourg fortifié, ancienne propriété des archevêques comtes de Lyon, Ternand se caractérise par ses maisons “plus serrées que des grains de grenade”, disent ses habitants. L’église est ornée de peintures à la détrempe datées du Xle siècle. Superbe, également : une crypte du IXe. siècle.
Bagnols, son château, ses hommes d’Etat et le souvenir de la marquise. Monument en pierres dorées, entouré de douves profondes, protégé par une enceinte à l’intérieur de laquelle se déploie un beau jardin à la française, le château de Bagnols, dont l’origine remonte au début
du Xllle siècle, a retrouvé sa superbe dans les années 80. Magnifiquement restauré, il abrite un luxueux hôtel 4 étoiles, dont les chambres recèlent des peintures murales allant du Xve au XVIlle et un restaurant installé dans la salle des gardes où trône une des plus grandes cheminées gothiques françaises.
Charnay, son Saint-Christophe et son alambic. Dans ce village fleuri, le château reconstruit au XVIIe est devenu mairie. Sous l’auvent, un alambic de 1933 est conservé. Dans l’église toute proche, une statue de Saint-Christophe, datant du XIIIe siècle, est constituée de trois pierres polychromes. La légende raconte qu’elle aurait été trouvée déjà taillée dans la carrière voisine et, de là, transportée jusqu’à l’église par un âne.
Renseignements :
Le Pays Beaujolais : 04 74 07 27 50
O.T. des Pierres Dorées : 04 78 47 98 15 - 04 74 60 26 16
Les pôles œnologiques et touristiques
Les pôles “Les Sources du Beaujolais”, “Espace Pierres Folles”, “Site de Rochebonne” et “La Maison des Beaujolais” vous permettent de faire un voyage passionnant dans tout ce que le Beaujolais recèle de nature, d’histoire et de culture... sans oublier les 5 sens nécessaires à la dégustation et à la découverte de son vin que l’on dit à l’humeur joyeuse. Le site le plus au nord appelé “Sources du Beaujolais” se trouve à Beaujeu, capitale historique du Beaujolais, et vous plonge aux tréfonds de l’histoire du vignoble. Passionnant voyage dans les siècles passés de la vigne et du vin, cet espace muséographique complète sa visite par une découverte en images des paysages touristiques et produits beaujolais.
Les sources du beaujolais
Place de l’Hôtel de Ville - 69430 Beaujeu
Tél : 04 74 69 20 56
e-mail : sources.beaujolais@wanadoo.fr
Photo : O.T. des Pierres Dorées
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