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Le Charolais, pays d’élevage et de religion
Qui dit Charolles, dit gastronomie. En ces temps de folies bovines, la belle race blanche du sud de la Bourgogne a réussi à tirer finement son épingle du jeu.
Sélectionnés depuis le 18ème siècle, les Charolais s’élèvent en fait dans deux régions limitrophes, le Charolais et le Brionnais, pays de collines et de plateaux à la limite nord du Massif Central. Les marnes qui y abondent fournissent un herbage d’excellente qualité, à la base de la richesse économique de ces contrées. Grands bovidés à la robe uniformément blanche, les Charolais sont engraissés pendant plusieurs mois, nourris exclusivement par les riches pâturages. Comme de véritables animaux de luxe, ils sont tous immatriculés au registre généalogique, avant d’être mis en vente sur d’imposants marchés aux bestiaux comme celui de Saint-Christophe-en-Brionnais. C’est à Charolles même que tous les secrets de la célèbre viande sont exposés à l’Institut Charolais, un lieu interactif dont la visite se termine bien sûr par une dégustation.
Auberges, hôtels et restaurants ont mis un point d’honneur à cuisiner la sublime viande accompagnée des meilleurs vins des grands vignobles voisins.
Mais le charme de cette région ne se limite pas aux plaisirs de la bouche.
Dans des paysages d’une immense douceur, d’innombrables lieux saints parsèment campagnes et bourgades.
Charlieu, point névralgique dès le haut Moyen-âge sur la route commerciale reliant la vallée de la Saône à celle de la Loire, fut un grand centre de bonneterie et de tissage de la soie. Aujourd’hui, elle doit sa renommée à sa belle unité architecturale et à sa grande richesse archéologique. Son centre historique cache une trentaine d’habitations construites entre le 13ème et le 18ème siècle. L’histoire de la ville débute avec la construction de son abbaye bénédictine en 872. Rattachée à Cluny au Xème siècle, elle attire de nombreux artisans qui forment la première ville. Fortifiée sous Philippe-Auguste elle prend de plus en plus d’importance et contribue toujours plus à la richesse de Charlieu. À la fin du 13ème siècle, les franciscains s’implantent à l’est de la ville dans le Couvent des Cordeliers récemment restauré. Deux musées, installés dans l’ancien Hôtel-Dieu, méritent de s’y arrêter : celui de la Soierie qui présente des machines en fonctionnement, et le Musée Hospitalier. Reconstitution très réussi d’un hôpital au début du 20ème siècle, a réussi le pari de restituer la réalité olfactive d’une ancienne pharmacie.
Charolles, l’ancienne cité de Charles le Téméraire, est elle aussi une cité ancienne au charme indéniable. Les deux rivières qui la traversent et les multiples petits canaux en font un très bucolique et très agréable lieu de promenade. Hormis les bœufs, Charolles a été un important centre de faïencerie. Au Musée du Prieuré, de très belles salles sont consacrées à Hippolyte Prost, fondateur de la première faïencerie locale et créateur du bleu de Charolles. Mais le clou architectural de cette région méconnue est sans aucun doute la ville d’art de Paray-le-Monial. Sa basilique du Sacré-Cœur, est la représentation la plus fidèle de ce que devait être la grandiose abbaye de Cluny. Construite entre 1092 et 1109, sous la direction de Saint-Hugues, abbé de Cluny, elle est considérée comme le modèle réduit et épuré du modèle clunisien. Ses trois tours imposantes l’ont fait connaître dans l’Europe entière dès sa création. Mais depuis que Marguerite-Marie Alacoque, religieuse du 17ème siècle prétendit assister aux apparitions charnelles du cœur du Christ, Paray est le centre d’un très important pèlerinage dévoué au Sacré-Cœur de Jésus. D’autres monuments parsèment la ville , comme la Tour Saint-Nicolas, qui remonte au 16ème siècle et la très belle façade dorée renaissante de l’Hôtel de Ville.
À quelques kilomètres de là, l’austérité religieuse laisse la place à une légèreté pré-révolutionnaire. Le Château de Digoine, aux très belles façades, possède un petit théâtre resté intact depuis 1850. Il se dit qu’Offenbach y aurait écrit certaines de ses opérettes et que Sarah Bernardt y aurait répété l’Aiglon...
En Brionnais, région voisine, églises et châteaux n’ont pas à rougir de leurs concurrents charolais. Semur-en-Brionnais, l’ancienne capitale, est un village niché entre vignes et vergers au sommet d’un promontoire. Son église Saint-Hilaire est, comme souvent dans la région, fortement inspirée de Cluny. La surprenante tour octogonale du clocher répond dans le calme du paysage au donjon rectangulaire du château Saint-Hugues, berceau du saint. Non loin de là, à Anzy-le-Duc, un homonyme, Hugues de Poitiers, contribua largement à la renommée et à l’essor du prieuré, dont il ne reste aujourd’hui que l’église, dont la construction débuta au 11ème siècle. Le très beau clocher roman constitué d’une tour polygonale à trois étages, est un très bel exemple de l’art roman le plus pur.
Dernière étape de balade gastronomique et mystique, La Clayettte s’étire nonchalamment à l’ombre des platanes qui bordent son cours d’eau, la Genette. Un château, bordé de douves peuplés d’énormes carpes abrite un joli musée de l’Automobile, où des Rolls-Royce des années folles attirent curieux et passionnés. À quelques kilomètres de là, le château de Drée, alliant à une rigueur toute classique une élégance très particulière, date du 17ème siècle. Il possède depuis quelques années une collection de mobilier Louis XV et Louis XIV absolument remarquable.
L’Institut Charolais
Un fantastique voyage entre saveurs et qualités
Situé à Charolles, en plein cœur du berceau de la race charolaise, l’institut Charolais est un centre de promotion et de communication pour la race et la viande charolaise de qualité avec trois objectifs : la promotion, la recherche et la formation.
Depuis juillet 1999, un espace muséographique sur 3 niveaux vous propose de découvrir de façon interactive, ludique et pédagogique : le terroir, l’élevage et les qualités de la viande charolaise en suivant les traces de ce célèbre bovin.
Différentes explications sont proposées sur le cycle de transformation de l’animal sur pied à la viande commercialisable, la traçabilité, les circuits de distribution... Grâce à une présentation détaillée vous apprécierez ensuite les qualité organoleptiques de la viande charolaise : tendreté, saveur, couleur et qualités nutritionnelles. En suivant un éleveur charolais, vous découvrirez l’élevage au fil des saisons : périodes de vêlage, mise au pré des animaux au printemps, récolte des céréales en été... puis vous survolerez le terroir charolais grâce aux reproductions de tableaux et cartes postales anciennes de la région retraçant l’histoire du Charolais, un terroir unique. En fin de visite, vous serez accueillis dans un espace de dégustation convivial pour savourer quelques morceaux de viande charolaise accompagnés d’un verre de vin de bourgogne sud.
Institut Charolais
Route Centre Europe Atlantique
(N 79) 71120 Charolles
Tel : 03 85 88 04 00
Saskia Leblon
Photo : Charolais Brionnais Tourisme
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