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Escapades

Les grandes Fêtes Populaires de l’été Niçois

Ils ne sont plus que 15 à 20 % des 350.000 habitants de la capitale azuréenne. Ils ? Les "vrais niçois", ceux dont les quatre grands-parents sont nés dans la ville ou le comté environnant. Gardiens des traditions, de la gastronomie et d’une très belle langue, le nissart, ils tentent à travers de nombreuses associations de préserver la vie des anciens quartiers du Vieux-Nice et des alentours.

Première des grandes fêtes de printemps, le Festin des Mais, que tous ici appellent simplement "les mais", se déroule tous les dimanches de mai aux Jardins des Arènes de Cimiez. Cette fête trouve ses origines à une époque lointaine où était honorée la déesse de la Terre. Le rite consistait à l’abattage d’un pin, représentant symboliquement le Dieu Attis, endormi pendant les longues nuits d’hiver et réveillé par la Déesse Cybele pour fêter le renouveau de la nature. La coutume a préservé cette commémoration des temps païens pour la métamorphoser en une grande manifestation populaire. Depuis le Moyen-Age, " tourner les mais " signifie danser autour d’un tronc d’arbre surmonté d’une couronne de fleurs.
Après une très longue interruption dûe aux deux terribles guerres qui ensanglantèrent le 20ème siècle, la tradition a repris ses droits, sous une nouvelle forme adaptée aux changements de l’époque contemporaine. Dans le passé, des "arbres des Mais" étaient dressés dans différents quartier mais le point central des festivités se déroulait devant le Palais Royal, sur l’actuel cours Saleya où la liesse était totale : chants, danses, réunissaient jeunes filles vêtues de blanc, et jeunes hommes prompts à danser et à se trouver une fiancée dans l’année. Désormais, la fête se déroule dans le cadre enchanteur des Jardins des Arènes de Cimiez, et l’ancien rendez-vous printanier remis au goût du jour est très apprécié de l’ensemble de la population. Chaque année maintenant, les dimanches de mai niçois sont ponctués par les dégustations de spécialités, les spectacles folkloriques et les attractions et animations pour les petits et les grands.
Il est vrai que dans cette ville de soleil, la gastronomie tient une place importante, typique et délicieuse.
Impossible de ne pas goûter la succulente socca, galette à base de farine de pois chiche et d’huile d’olive, grillée dans les rues, dans un four en forme de dôme. La pissaladière, une tarte aux oignons, garnies de filets d’anchois et d’olives noires, est sûrement l’autre grande recette populaire de la cuisine niçoise, qui se mange elle aussi sur le pouce sur les marchés et dans les squares. Légumes, tomates et huile d’olive ont inspiré d’innombrables recettes. La tourta de bléa, tourte sucrée au blettes et aux pignons de pins se mange une grande partie de l’année, comme les capouns, les farcis aux différents légumes dont le plus célèbre est celui au chou. L’Italie voisine a inspiré les raviolis, niçois et préparés avec du bœuf en daube et des blettes, ainsi que les gnocchis exclusivement à base de pommes de terre, dégustés avec une sauce tomate bien relevée. De la même façon que les tripes à la niçoise. Pour tous les Niçois, leur salade galvaudée dans le moindre bistrot de France s’agrémente, selon la saison, de petits artichauts violets ou de févettes, le meilleur mesclun se cueille dans les herbes sur les collines, et la soupe au pistou et l’aïoli ne se dégustent qu’aux tables familiales ou à certaines bonnes adresses. Reste LE plat aimé de tous, l’estocaficada, à base d’aiglefin séché et boucané. Le poisson doit tremper dans l’eau courante pendant 4 ou 5 jours, pour être ensuite doré avec des tomates, des oignons et du vin blanc. Servi garni de quelques anchois et d’une poignée d’olives noires, il est le plat préféré de toute la ville.

Mais, hormis sa grande tradition culinaire, Nice est aussi une ville pieuse, aux innombrables églises et paroisses et aux fêtes très suivies.
Le mois de juin est particulièrement fourni en processions à tous les saints. Le 2 juin " Lou vout de Nissa ", le vœu de Nice renouvellera encore la promesse faite à la Madone des Grâces en 1832. A la fin de l’hiver une terrible épidémie de choléra sévissait dans tout le pays. Après avoir établi un cordon sanitaire à la frontière du Var qui empêchait l’entrée de tous les étrangers potentiellement porteurs du virus, et après avoir effectué un grand nettoyage désinfectant de la ville, le réflexe votif finit tout de même par s’imposer. Le 25 avril 1832, le conseil municipal au grand complet décida de faire adopter un vœu plaçant la ville de Nice sous la protection de la Madone des Grâces. Par ce vœu, la Ville de Nice s’engageait à construire une nouvelle église à cette Madone et à célébrer chaque année le souvenir de cette intervention divine dans une grande procession solennelle conduite par les dirigeants de la municipalité. Le choléra épargna la ville et les Niçois oublièrent leur vœu ? Pour peu de temps, puisque l’épidémie revint et infesta Nice en 1835. L’église, remarquable édifice néo-classique, finit par voir le jour en 1852, vingt plus tard... Depuis, chaque année, le Maire de Nice renouvelle le vœu et, comme ses prédécesseurs, il prend la tête d’une procession très populaire, chaque premier dimanche de juin.
Ville maritime les pieds baignant dans la Grande Bleue, Nice se doit, comme nombre d’autre ports, de fêter Saint-Pierre, le saint patron des pêcheurs. Chaque année, le 29 juin, la corporation des pêcheurs de Nice brûlait la barque la plus délabrée du plus pauvre d’entre eux et, en se cotisant, lui en offrait une neuve au milieu des chants, des danses et des réjouissances. Cette belle tradition s’est changée aujourd’hui en une immense fête de deux jours, le dernier week-end de juin, faite de régates, de feux d’artifice, de bals et de guinguettes où se dégustent les fameuses spécialités niçoises.

Saskia Leblon

Photo : Ville de Nice

 
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