|
Le Sud Grésivaudan
C’est à cette époque de l’année que les petites villes enchâssées dans les immenses forêts du Sud Grésivaudan prennent toutes leurs couleurs, embellies par les rougeoiements de l’automne.
Véritables joyaux, elles sont également de parfaites étapes gastronomiques qui conjuguent les délices de tables réputées à d’authentiques produits du terroir. Saint-Marcellin, la plus connue doit sa réputation, au moins hexagonale, à son petit fromage rond. A l’origine une tome de chèvre découverte par Louis XI, devenue fromage royal et qui de nos jours se fait au lait de vache. Un musée, situé dans les locaux de l’Office de Tourisme, lui est consacré, détaillant son histoire et les étapes de sa fabrication. La petite ville, bordée par l’Isère est blottie au cœur du Dauphiné, coincée entre l’imposant massif du Vercors et la forêt domaniale de Chambaran. Stendhal, l’illustre touriste et voisin grenoblois, la visita et se rendit aux charmes de ses boulevards, de sa place d’Arme et de la vaste esplanade du Champ de Mars.
Elle connut ses heures de gloire au 14ème siècle, quand elle fut pour quelques années la capitale du Dauphiné. Mais très vite elle fut l’enjeu des protestants et des catholiques durant les Guerres de Religion, passant de l’un à l’autre, ne retrouvant son calme que sous le règne d’Henri IV.
Contemporain de ses époques troublées, le château de Mollard dresse toujours sa masse imposante. D’autres témoignages du passé, religieux celui-là, parsèment le vieux centre. L’admirable clocher datant de 1119, les anciens couvents des Carmes, des Visitandines, des Récollets ou des Ursulines, actuel édifice de l’office de tourisme.
Une abbaye sortie de nulle part.
Plus proche de la grande forêt de Chambaran, le petit village de Saint-Antoine-l’Abbaye a également connu des heures glorieuses dès le haut Moyen-Age. Au 11ème siècle, un noble viennois ramène de Terre Sainte les ossements de Saint-Antoine que le pape confie à des moines bénédictins, premiers bâtisseurs de l’imposante abbatiale qui se développa au cours des siècles. Les reliques attirent de toute l’Europe des milliers de pèlerins atteints d’une terrible gangrène, le Mal des Ardents. Les Bénédictins d’origine se métamorphosent en un ordre hospitalier : celui des Antonins, dévoués à soigner l’horrible mal. Au cours des siècles, l’épidémie se résorbe et l’ordre des Antonins est dissout pour être intégré à celui de Malte.
L’incroyable abbaye gothique est toujours là, classée aux monuments historiques depuis 1840, ainsi que le reliquaire, le deuxième de France, orné de tapisseries, de boiseries, de peintures murales et d’un extraordinaire Christ d’ivoire datant du 19ème siècle.
En route vers le Royans, aux exquises ravioles. La visite d’un des plus grands réseaux ferroviaires s’impose. A Chatte, dans un jardin de 1300m2, trente trains contournent, traversent et sautent des villes, des montagnes, des rivières lilliputiennes. Un rêve pour tous les amateurs de train électrique.
Aux portes du Vercors, le dépaysement est complet à l’arrivée à Pont-en-Royans, autre bourgade vantée par un Stendhal promeneur. Durant de longs siècles, Pont-en Royans fut l’unique accès aux plaines du Royans pour les habitants du Vercors. La Bourne, la rivière du lieu, confère une magie particulière à cet endroit hors du commun. Perchées de guingois à flanc de falaise, les maisons se reflètent dans ses eaux tranquilles. En aval du village, un barrage de retenue donne à la Bourne des allures de petit lac.
Fromage, ravioles et ... noix font le délice des gourmets dauphinois. Unique en Europe, la noix de Grenoble au prestigieux label AOC, a été une des premières a en bénéficier dès 1938 !
Vinay, au Nord, en est la capitale. C’est ici que se trouve la plus grosse usine de production de noix d’Europe. Et le canton de Vinay est le premier producteur des “noix de Grenoble” : 150 000 arbres couvrent les différentes communes. Les mayettes, parisiennes et franquettes, les noms des trois espèces, sont encore séchées de façon traditionnelle, comme l’attestent les multiples séchoirs anciens. Comme pour le vin, des dégustations de noix se font à l’époque de la récolte ou lors des “mondées”, l’opération qui casse la coque pour en extraire les cerneaux.
Des activités, des promenades, et des gourmandises tout à fait appropriées à la saison qui arrive...
Saskia Leblon
|