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Forme et Santé

L’eau : boire plus, boire mieux

Les questions de santé et d’environnement sont au coeur des préoccupations des français et l’eau potable est le sujet le plus évoqué.

Présence de nitrates, pollution soudaine d’une nappe phréatique, forte teneur en calcaire, goût chloré : les consommateurs se méfient de l’eau du robinet et se ruent vers les eaux embouteillées.

La classification des eaux

La législation relative à l’eau distingue quatre catégories : l’eau minérale naturelle, l’eau de source, l’eau rendue potable par traitement et l’eau d’adduction publique (eau du robinet). Et les eaux embouteillées se partagent en deux familles : les eaux de source et les eaux minérales. Les plus vendues, les eaux de source ont une origine souterraine microbiologiquement saine et protégée contre les risques de pollution. D’une source à l’autre, leur composition en sels minéraux est variable et sa stabilité n’est pas tenue d’être garantie. Ces eaux ne peuvent pas prétendre avoir des effets bénéfiques sur la santé. Enfin, elles peuvent être rendues effervescentes par l’adjonction de gaz carbonique et deviennent alors eau de source avec adjonction de gaz carbonique.
Les eaux minérales naturelles jaillissent d’une nappe ou d’un gisement souterrain naturellement sain, bien protégé et contrôlé. Elles sont exploitées à partir d’une ou plusieurs émergences naturelles ou forées. Leur composition en sels minéraux doit être garantie stable d’une bouteille à l’autre et d’une année sur l’autre. Leur étiquetage est strictement réglementé. Dans cette catégorie, on trouve aussi bien des eaux plates que des eaux gazeuses aux appellations variées puisqu’on fait le distinguo entre : celles naturellement gazeuses, celles renforcées au gaz de la source, celles avec adjonction de gaz carbonique et enfin celles totalement ou partiellement dégazifiées.

De bonnes raisons de boire

La transpiration, l’eau et l’urine nous font perdre quotidiennement 2,5 litres d’eau. Ces pertes doivent être compensées par une alimentation variée et l’apport d’eau de boisson. L’eau de tous les jours, celle qu’on met sur la table pour toute la famille et qu’on peut boire à volonté : c’est l’eau de source ou l’eau minérale également dite oligominérale, faiblement minéralisée ou très faiblement minéralisée. Boire abondamment, 1,5 litre (soit l’apport hydrique journalier re-commandé) et plus, et surtout changer régulièrement d’eaux en alternant les différentes marques d’eaux minérales et de source ou du robinet afin d’y puiser l’ensemble des micro-éléments dont notre corps a besoin est une bonne habitude à prendre, une aide au bon fonctionnement de notre organisme.
En effet, l’eau aide l’organisme à éliminer le sel et les déchets. Pour preuve, toute personne qui suit un régime amaigrissant se voit recommander de surveiller étroitement son alimentation et de boire énormément d’eau. En outre, une consommation abondante d’eau réduit le risque de calculs rénaux et celui des infections urinaires. Elle améliore également le transit intestinal.

L’eau, complément nutritionnel

En variant les apports hydriques, tout en tenant compte de l’âge et des activités pratiquées, on couvre mieux les besoins nutritionnels quotidiens. Boire une eau fortement minéralisée contribue à compléter les besoins précis en oligo-éléments de l’organisme et peut même, permettre de parer à des pathologies aussi fréquentes que l’ostéoporose pour le calcium ou la carie dentaire pour le fluor. Une eau calcique contient plus de 150 mg de calcium par litre. Et d’après les scientifiques, la bio disponibilité du calcium de l’eau est tout à fait semblable à celle du lait, de ses dérivés et des suppléments pharmaceutiques. Une récente étude menée sur la cohorte EPIDOS, auprès de femmes de plus de 75 ans est allée plus loin en montrant qu’une augmentation de la ration calcique de 100 mg de calcium par jour, provenant d’une eau minérale riche en calcium, induit une augmentation significative de la densité osseuse de 0,5% alors qu’une augmentation de la ration calcique dans des proportions égales mais venant d’autres sources n’augmente la densité osseuse que de 0,2%.
Fatigue, état nerveux peuvent être les signes d’une carence en magnésium. Un régime amaigrissant peut également être à l’origine d’un tel déficit. Dans ces cas, une eau fortement minéralisée, riche en magnésium peut être consommée, juste le temps d’une cure. Pour la sélectionner, sachez qu’une eau est considérée magnésienne si sa teneur en magnésium est supérieure à 50 mg par litre. Notez aussi que les eaux minérales gazeuses sont de bonne source à la fois, de calcium et de magnésium. Mais attention, quelques verres d’eau bien choisie peuvent être un complément efficace. En revanche, une consommation excessive d’eau fortement minéralisée peut générer des surcharges nuisibles pour l’organisme.
Moins connu, le sélénium est un antioxydant présent en teneur variable dans l’eau minérale. Il protège la membrane des cellules contre les radicaux libres qui altèrent l’intégrité des cellules et peuvent contribuer à les détruire d’où un vieillissement des tissus. Enfin, si vous êtes tenu médicalement d’avoir une alimentation pauvre en sel pour suivre votre régime, vous pourrez boire de préférence une eau qui porte la mention “convient pour un régime pauvre en sodium”.

Boire pour pallier à la déshydratation

A partir de 60 ans, la diminution de l’eau corporelle s’accélère (moins de 60% du poids total) et la sensation de soif diminue. Il est donc nécessaire de s’astreindre à boire plus régulièrement sans attendre d’avoir soif pour parer à un risque plus important de déshydratation. Les personnes qui restreignent volontairement leur apport hydrique parce qu’elles connaissent des problèmes de mobilité, ou pour prévenir une incontinence urinaire commettent donc une erreur. Celles qui ont des pertes de mémoire doivent veiller sur leur apport hydrique en se réservant par exemple une bouteille d’eau qui reste sur la table, à portée de vue, plutôt que dans le réfrigérateur. En été, il convient d’éviter les expositions aux fortes chaleurs et d’avoir le réflexe de boire en cas de forte sudation.
Lorsque l’on pratique un sport, outre une hygiène de vie et une alimentation équilibrée, une bonne hydratation est nécessaire pour assurer des réserves hydriques suffisantes. Dans le cadre d’un exercice de longue durée, de une à trois heures, il est conseillé d’ingérer jusqu’à un demi-litre d’eau avant l’effort, puis de boire régulièrement toutes les 15 à 20 minutes et selon l’importance de la sudation. Après l’effort, le capital hydrique doit être reconstitué le plus tôt possible afin d’assurer un fonctionnement optimal du coeur, des muscles et de faciliter la récupération. Vous vous efforcez déjà de bien manger, pensez maintenant à bien boire.

Irène Lorgeré

 
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