|
Les apnées du sommeil
Reconnu depuis quelques années seulement, le « Syndrome d’Apnées (1) Obstructives du Sommeil » (SAOS) consiste en une obstruction périodique des voies respiratoires supérieures au cours du sommeil avec de nombreux arrêts de la respiration. Ils s’accompagnent d’une baisse de la concentration d’oxygène dans le sang et ces hypoxies nocturnes provoquent de micro -éveils et nuisent à la qualité du sommeil.
Celui-ci est alors fragmenté et déstructuré, ce qui entraîne une perturbation des systèmes régulateurs de l’organisme. Le syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil » est considéré comme étant la deuxième maladie respiratoire chronique, juste derrière l’asthme. Les muscles qui contrôlent la langue et le voile du palais maintiennent les voies aériennes ouvertes pour permettre la respiration. Or, chez les ronfleurs notamment, ces muscles ont tendance à trop se relâcher. Dans certains cas, les voies aériennes peuvent même se fermer complètement et empêcher la respiration, entraînant des apnées « obstructives » avec arrêt du passage de l’air. Au bout de quelques secondes, le cerveau réalise qu’il manque d’oxygène, et envoie un signal au corps pour qu’il se réveille. Même si la personne ne s’en rend généralement pas compte, ce phénomène peut se reproduire de manière cyclique au cours de la nuit, parfois plusieurs centaines de fois, perturbant ainsi gravement le sommeil.
Dépistage et diagnostic du SAOS
Parmi les éléments permettant de déceler un SAOS, les signes tels que le ronflement, la fatigue au lever, la tendance à somnoler dans la journée, le fait d’être constamment irritable et nerveux peuvent traduire un sommeil de mauvaise qualité et donc un possible SAOS.
Cependant, le diagnostic vraiment fiable du SAOS repose sur un enregistrement du sommeil. La polysomnographie est l’examen de référence pour le diagnostic du SAOS. Elle consiste à enregistrer la respiration la nuit, pour déceler les anomalies qui surviennent pendant le sommeil, ainsi que sur la qualité de la respiration. Cet enregistrement permet de déceler les événements respiratoires anormaux. Selon les cas, il est réalisé au cours d’une hospitalisation de nuit ou au domicile.
Prévalence prédisposant au SAOS
La prévalence du SAOS en France est de 1 à 5% de la population masculine active. Une étude (Young and coll.) a donc montré que 4% des hommes et 2% des femmes présentent un certain degré de somnolence diurne et plus de cinq apnées et hypopnées (2) par heure de sommeil.
Certains facteurs prédisposent au Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil comme le surpoids, la consommation d’alcool, les excès alimentaires. L’utilisation de tranquillisants ou hypnotiques qui dépriment la respiration favorisent également des apnées nocturnes. L’existence de malformations ayant un impact sur la respiration (comme le rétrognathisme ou menton rentré en arrière) prédisposent aussi à la maladie.
Parmi les conséquences potentielles du SAOS, la plus clairement démontrée concerne la vigilance diurne. Plus de 80% des patients sont invalidés dans leur vie quotidienne par une somnolence diurne excessive. Or, cette somnolence surexpose les malades aux accidents domestiques et professionnels.
« Cinq millions d’Européens atteints d’apnée du sommeil menacent à chaque instant de s’endormir au volant. » Telles sont les conclusions d’une étude de la Société européenne de pneumologie (ERS), qui a demandé à l’Union européenne de prendre en compte ce trouble dans l’octroi du permis de conduire et d’harmoniser les législations nationales. Le problème, soulignent les pneumologues français, c’est que de nombreux patients ignorent qu’ils souffrent d’apnée du sommeil, et que leur mal n’est parfois décelé que plusieurs années après son apparition, quand ce n’est pas, plus tragiquement, après un premier accident de la route.
A court terme, les apnées du sommeil augmentent le rythme cardiaque et la tension artérielle et peuvent ainsi favoriser une hypertension (HTA) ou des accidents vasculaires cérébraux ultérieurs. Une étude américaine a démontré qu’au delà de 15 apnées-hypopnées par heure de sommeil, le risque de développer une HTA dans les 4 ans est 3 fois supérieur, indépendamment des autres facteurs de risque. D’où l’intérêt de ne négliger aucun signe évoquant un trouble du sommeil.
S’il existe un lien épidémiologique entre le SAOS et l’HTA, l’insuffisance coronarienne ou les accidents vasculaires cérébraux, l’interprétation de ces liens est toutefois compliquée par la présence de nombreux facteurs confondants tels que l’obésité, l’âge, le sexe et la consommation tabagique.
Traitement du SAOS
Actuellement, il n’existe pas de traitement pharmacologique efficace du SAOS.
Le traitement de référence est la ventilation par pression positive continue. Ce traitement très efficace consiste à lutter contre le collapsus pharyngé par le port d’un masque nasal durant le sommeil. Il s’agit d’une ventilation assistée : le masque est raccordé à un appareil qui souffle de l’air pressurisé, ce qui permet d’appliquer en continu une ventilation en pression positive. L’air est insufflé dans le masque sous pression et lutte ainsi contre l’obstruction des voies aériennes qui se trouvent ainsi dégagées. Grâce à ce traitement, plus de 100 000 français ont vu leur vie transformée. Dès les premières nuits, ils ne font plus d’apnées, la vigilance revient et les troubles psychologiques diminuent ou disparaissent.
D’autres traitements peuvent être efficaces. Parfois, il suffit de porter durant le sommeil une gouttière dentaire appelée « orthèse d’avancée mandibulaire ». Cela permet de maintenir la mâchoire inférieure et la langue en avant, et d’augmenter ainsi le diamètre des voies aériennes supérieures.
Les traitements chirurgicaux n’ont pas d’efficacité sur les apnées du sommeil.
(1) Une apnée se définit comme une interruption de la respiration pendant plus de 10 secondes.
(2) Une hypopnée est une diminution de la ventilation d’au moins 50 %.
Renseignements :
FFAAIR - Tél. : 01 55 42 50 40
Site : www.ffaair.org
|