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La Thyroïde et vous
Fatigue, coup de blues, nervosité ou hyperactivité, variation importante de poids, dysfonction sexuelle, sont autant de troubles souvent impartis à tort ou à raison à la thyroïde. Une étude épidémiologique de grande ampleur (SU.VI.MAX) réalisée dans notre pays, apporte un éclairage plus précis sur les problèmes thyroïdiens touchant plus de 10% de la population.
Si certaines populations semblent plus exposées (femme enceinte, personnes présentant un risque cardio-vasculaire), la thyroïde concerne chacun d’entre nous : hommes, femmes et enfants.
Pour faire prendre conscience de l’influence de cette glande dans la vie quotidienne et améliorer le dialogue entre patients et médecins, des professionnels de la santé se sont mobilisés l’année dernière à l’occasion de la semaine de la thyroïde.
Cette première d’envergure nationale a permis de relayer auprès du grand public de nombreuses informations, répondre à des interrogations et mettre fin à certaines idées reçues.
Une petite glande, un rôle essentiel
La thyroïde est une glande située à la base du cou, à l’endroit où se ferme le col de chemise. Elle peut être facilement palpée par un médecin car elle est située juste sous la peau et les muscles du cou. C’est le « régulateur central » de notre organisme.
Sous le contrôle de l’hypophyse qui secrète la TSH, la glande thyroïde produit des hormones.
Ces hormones sont transportées par le sang vers d’autres organes ou tissus au niveau desquels elles exercent leurs effets.
Les hormones thyroïdiennes produites par la glande thyroïde sont appelées communément T3 et T4 (T3 et T4 signifient la présence de 3 ou 4 atomes d’iode, composant indispensable des hormones thyroïdiennes). Elles servent à réguler des fonctions importantes de notre corps, comme : la consommation d’énergie, la température du corps, le rythmes du cœur, le système nerveux, le tube digestif, l’appareil génital, etc. Elles agissent également sur notre tonus, notre peau, nos cheveux, nos ongles.
L’iode est l’ingrédient principal, indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes T4 et T3. C’est un oligo-élément que l’on trouve essentiellement dans notre alimentation.
La Thyroïde et ses problèmes
Les anomalies thyroïdiennes sont d’une grande diversité. Certaines perturbent la fabrication des hormones thyroïdiennes et s’explorent par des dosages sanguins.
- Quand la thyroïde « s’endort », elle ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes. Ce « trop peu » est la cause d’un ralentissement global des fonctions de l’organisme. C’est L’Hypothyroïdie.
- Quand, à l’opposé, elle s’emballe (situation moins fréquente), l’excès d’hormones fabriquées entraîne une accélération de la plupart des fonctions de l’organisme. C’est L’hyperthyroïdie.
L’hypothyroïdie peut être responsable d’un excès de mauvais cholestérol, qui accroît le risque cardio-vasculaire. L’hyperthyroïdie peut être à l’origine d’un trouble du rythme cardiaque voire d’une insuffisance cardiaque.
D’autres affections de la thyroïde sont relatives à la taille et / ou à la forme de la thyroïde.Une grosse thyroïde est appelée gloître.
Le premier diagnostic d’un dysfonctionnement de la thyroïde se fait grâce à la palpation puis une prise de sang permettra le dosage de la THS si nécessaire. Ce dosage renseignera sur le fonctionnement de la glande thyroïde.
Prise de poids
Parmi toutes les causes de prise de poids, l’hypothyroïdie reste une cause rare.
Certaines personnes traitées pour une hyperthyroïdie se plaignent d’une prise de poids. Le traitement n’en est pas directement responsable. Quand elle n’est pas traitée, l’hyperthyroïdie provoque à la fois une augmentation de l’appétit et paradoxalement une perte de poids.
Le traitement de l’hyperthyroïdie ne corrige pas toujours cette augmentation de l’appétit et, dans ce cas, le patient prend du poids car l’excédent alimentaire n’est plus brûlé par l’organisme.
Un traitement mal suivi peut également faire basculer l’hyperthyroïdie vers l’hypothyroïdie, avec pour conséquence une prise de poids.
Hygiène de vie
Une étude (SU.VI.MAX) a montré un déficit modéré en iode de la population française adulte. Les femmes enceintes ou allaitantes sont particulièrement à risque vis à-vis de la carence iodée.
L’iode est un constituant essentiel des hormones thyroïdiennes et contribue à réguler le volume et la fonction de la glande. Les besoins de l’organisme en iode varient selon l’âge du sujet et son état physiologique.
La France fait partie des pays considérés comme modérément carencés en iode (comme notamment la Belgique, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie).
Entre 45-60 ans, la carence en iode concerne 16,8% des hommes et près du quart des femmes. Entre 55 à 60 ans, ce chiffre s’élève à près de 35% pour les deux catégories.
La source naturelle de nos apports en iode est l’alimentation. C’est pourquoi il est important de connaître les aliments pouvant répondre à ces besoins nutritifs.
Le sel, même d’origine marine, perd rapidement son iode car ce dernier est volatile, d’où la présence de certains sels enrichis en iode dans le commerce. Il est donc important de le conserver dans des emballages hermétiques.
Actuellement, seul le sel de table peut être enrichi en iode (jusqu’à aujourd’hui entre 12 et 15g. d’iode par Kg de sel, taux récemment porté à 15-20 g/kg). Cependant, la consommation de sel de table étant limitée, il est envisagé la possibilité d’enrichir également le sel des boulangers en iode et par conséquent le pain.
Les fruits de mer sont riches en iode : huîtres, coquillages, poissons. La cuisson en papillote préserve mieux l’iode. Les poissons d’eau douce apportent 20 à 30 fois moins d’iode que les poissons marins. Les produits laitiers sont une source importante d’apport d’iode.
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