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Rhumatismes dites « non » à la fatalité
9 millions de Français souffrent de rhumatismes. Mais deux patients sur trois ne considèrent pas les douleurs rhumatismales comme une maladie.
Ils ont tendance à s’y habituer et à rentrer dans le cercle vicieux de la chronicisation de la douleur. Pourtant, une prise en charge précoce des pathologies rhumatismales aux conséquences potentiellement lourdes, calme la souffrance et peut freiner les dégâts articulaires.
Pourquoi faut-il consulter ?
Pour beaucoup de gens, les douleurs rhumatismales ne sont donc pas de vraies maladies. Elles constituent une fatalité liée à l’âge qu’il faut accepter sans déranger le médecin. Ces patients choisissent alors bien souvent d’adapter leur mode de vie en fonction de l’évolution d’une maladie qui devient plus ou moins invalidante. Les médecins s’efforcent de combattre cette idée fausse. En effet, ils considèrent que cette adaptation du mode de vie entraîne une réduction des activités physiques et par conséquent un déconditionnement musculaire pouvant faire le lit de la chronicisation.
Les rhumatismes inflammatoires
Les rhumatismes inflammatoires regroupent deux maladies courantes : la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante. La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique qui apparaît entre 40 et 60 ans, surtout chez les femmes. Elle se caractérise par une inflammation de plusieurs articulations, plus particulièrement celles des mains, des poignets ou des genoux. Chez le sujet âgé, cette maladie peut commencer par atteindre les épaules et les hanches. On parle alors de pseudopolyarthrite rhizomélique.
Chez certaines personnes, la maladie demeure active en permanence et continue de s’aggraver progressivement avec des déformations et des destructions articulaires. En l’absence de traitement adapté, une érosion progressive du cartilage et de l’ensemble de l’articulation se produit ce qui entrave les gestes de la vie quotidienne. La spondylarthrite ankylosante est une maladie inflammatoire qui touche souvent les hommes jeunes et plus rarement les femmes. Ses manifestations sont multiples. Quand la maladie est installée, les douleurs profondes deviennent persistantes. Cette pathologie peut engendrer une perte de mobilité plus ou moins sévère.
Les rhumatismes dits d’usure
Ce sont des maladies comme l’arthrose, la forme d’arthrite la plus répandue. Il y en a plus de 100. L’arthrose traduit l’usure du cartilage d’une ou plusieurs articulations : genou, coude, doigt, dos, hanche. Elle se manifeste suite à des hyper sollicitations des articulations et presque inévitablement sous l’effet du vieillissement, à partir de 55 ans. Avec l’âge, cette dégénérescence du cartilage a pour conséquence une réduction de la capacité des articulations à absorber les chocs. Beaucoup d’arthroses sont silencieuses à leur début et la gêne fonctionnelle n’est pas toujours proportionnée à l’ampleur des lésions. La douleur va de pair avec une sensation de raideur. Plus elle s’intensifie, moins on a envie de bouger l’articulation arthrosée et plus cette dernière s’enkylose. La douleur disparaît au repos et pendant la nuit, ce qui fait la différence de l’arthrose avec d’autres douleurs rhumatismales.
Toutes les arthroses deviennent plus ou moins invalidantes. Quelle que soit la douleur considérée, il est sage de se tourner vers son médecin généraliste, qui le cas échéant, oriente vers un rhumatologue.
Faire travailler des articulations douloureuses est aussi indispensable pour éviter qu’elles s’enkylosent... l’activité physique est utile à la régénération du cartilage.
Comment parler de ses douleurs ?
Si vous ressentez des douleurs ou une rigidité au niveau des membres, si vous observez un gonflement au niveau des articulations, main ou poignet, par exemple, pendant plus de deux semaines, il est temps de consulter votre médecin. Ces symptômes peuvent se développer soudainement ou lentement. Beaucoup de patients rencontrent des difficultés à parler de leurs douleurs rhumatismales car il s’agit d’exprimer une expérience émotionnelle désagréable et subjective. Ils parlent de brûlures, de décharges électriques, de sensations de fourmillements ou d’engourdissement. Les mots sont parfois difficiles à trouver mais les médecins bien à l’écoute aident à les exprimer pour obtenir le diagnostic préalable à une bonne prise en charge des douleurs.
Douleurs articulaires, déformations, que sont vraiment les rhumatismes ? Pour les médecins, le terme « rhumatisme » englobe différents types d’atteintes des os et des articulations.
Irène Lorgeré
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