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Forme et Santé

L’obésité

La prévalence de l’obésité* augmente constamment dans de très nombreux pays. Selon l’OMS, elle a triplé en 20 ans en Europe. Plus d’un million de décès sont imputables chaque année à des maladies liées à une surcharge pondérale. *le nombre de cas par rapport à la population générale

Pour la plupart des gens, l’obésité désigne une apparence physique particulière, due à un excès de poids. Mais, pour les médecins, l’obésité est une maladie chronique touchant un organe complexe, le tissu adipeux, dont la manifestation la plus évidente est un excès de matière grasse. Elle doit être nettement différenciée de l’excès de poids, qui désigne une situation intermédiaire entre l’obésité et un poids normal. Normalement, la masse grasse représente 10 à 15 % du poids chez l’homme et 18 à 25 % chez la femme. On calcule l’indice de masse corporelle (IMC) suivant la formule : Poids (en kg) / taille × taille (en mètres). L’IMC est normal quand il est compris entre 20 et 25. Il indique un excès de poids quand il est compris entre 25 et 30. Il caractérise une obésité quand il est supérieur à 30. On distingue 3 grands types d’obésité suivant la valeur de l’IMC : de 30 à 34,9 (obésité modérée ou commune), de 35 à 39,9 (obésité sévère) et à partir de 40 (obésité morbide ou massive). L’obésité favorise un très grand nombre de pathologies, qui lui sont souvent associées (maladies cardiovasculaires, respiratoires, articulaires, dermatologiques etc..). Le risque de leur apparition ou de leur aggravation augmente considérablement avec la valeur de l’IMC, mais diminue beaucoup avec la perte de poids, même modeste. C’est une des raisons pour lesquelles dans la grande majorité des cas, l’objectif du traitement n’est pas de supprimer l’obésité, ce qui n’est pas réaliste à long terme, mais de la modérer.

Des erreurs de comportement, un contexte et une prédisposition

L’obésité évolue en trois phases : - constitution : la quantité de masse grasse augmente, par augmentation de la taille et du nombre des cellules du tissu graisseux ; - stabilisation : la quantité de masse grasse est stable ; - yo-yo : la quantité de masse grasse varie, dans des limites de plus en plus étroites. La phase de constitution est due à l’association d’erreurs de comportements : La personne consomme plus qu’elle ne dépense et n’a pas une activité physique suffisante. En définitive, sur le plan énergétique,elle augmente ses apports sans augmenter d’autant ses dépenses. Ce comportement est bien souvent associé à des erreurs diététiques  : augmentation des portions alimentaires et de leur densité calorique, diminution de la consommation de glucides complexes (féculents, fibres) et, plus généralement, le manque de diversité alimentaire ; irrégularité des rythmes alimentaires, grignotage. Il existe enfin des facteurs individuels favorisant la prise de poids, dont des facteurs liés à l’hérédité, nombreux, variables d’un individu à l’autre et encore relativement mal connus : à contexte égal et apports alimentaires identiques, certains prennent plus (ou moins !) de poids que d’autres.

La prise en charge de l’obésité

Plus l’obésité est ancienne et/ou plus elle est massive, plus les moyens thérapeutiques habituels peuvent être décevants. Pour l’Alfediam (Association de langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques), une perte de poids de 5 à 15 % par rapport au poids maximal constitue un objectif réaliste dans la majorité des cas  ; elle permet d’obtenir des bénéfices réels sur la santé. Une perte de poids de 20% et plus peut cependant être envisagée si les moyens nécessaires pour y parvenir ne mettent pas en cause l’équilibre nutritionnel, somatique, psychologique et social de l’individu. La prise en charge de l’obésité obéit à deux principes. La perte de poids ne doit pas être le seul objectif, ni parfois même l’objectif prioritaire de la prise en charge ; le traitement des co-morbidités est tout aussi important, surtout lorsqu’elles menacent l’état de santé et/ou altèrent la qualité de vie. Ensuite, l’excès de poids doit être précisément évalué. Parmi la multitude de régimes alimentaires proposés, le régime modéré et équilibré est le seul à avoir fait la preuve de son efficacité sur le long terme. Une activité physique comme la marche, par exemple, a des effets bénéfiques multiples. Modifier son style de vie permet de lutter contre la sédentarité et toutes les occasions d’erreurs diététiques (grignotages). L’éducation thérapeutique est une composante essentielle et les thérapies cognitivo-comportementales sont utiles pour retrouver l’estime de soi et faire un bilan pratique de son mode de vie, surtout lorsqu’elles sont pratiquées en groupe. Les médicaments sont actuellement au nombre de deux : ils sont surtout prescrits chez les patients ayant des co-morbidités sévères. La chirurgie bariatrique est réservée aux patients atteints d’obésité massive ou ayant un IMC supérieur à 35 et des co-morbidités.

Le CNAO (Collectif national des associations d’obèses) regroupe différentes associations de personnes obèses. Il a pour objectifs de faire reconnaître l’obésité comme une maladie grave, de favoriser les prises en charge et de représenter les patients auprès des autorités de tutelle et du grand public. Il travaille en étroite collaboration avec les professionnels de santé, notamment les chirurgiens. www.cnao.fr

 
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