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L’abbaye de Saint Roman de L’Aiguille
Dominant le Rhône au dessus de Beaucaire s’élèvent au milieu des garrigues les vestiges de la seule abbaye troglodytique d’Europe Occidentale.
A moins d’une heure de Montpellier, découvrez un monument historique classé lors d’une promenade originale sur un site d’exception.
Nichée dans le rocher de l’Aiguille, l’abbaye rupestre est à coup sûr, l’un des monuments les plus étonnants de la région. C’est un endroit magique comme hors du temps. Un monastère perdu au sommet d’une falaise où ont vécu des ermites qui avaient choisi de quitter le monde.
L’abbaye de Saint Roman témoigne de mille ans d’occupation monastique entre le 5è et le 15è siècle. Il subsiste des éléments remarquables : cellules et chapelles creusées dans le roc, tombes rupestres, citernes, fortifications. La disparition des bâtiments les plus récents (14e-17e) lui a en partie rendu son aspect primitif qui évoque les sites troglodytiques monastiques les plus connus au monde.
1500 ans d’histoire
Dernières collines de la basse vallée du Rhône sur la rive droite du fleuve, le massif de l’Aiguille a été occupé dès la préhistoire par des tribus de chasseurs qui utilisaient les nombreuses grottes et fissures que l’on trouve dans ces
massifs calcaires.
A la fin du cinquième siècle sans doute, des ermites de Saint Roman s’installent sur la colline de l’Aiguille et celle de Saint Roman qui plus vaste se développera en véritable monastère. Les moines vont agrandir petit à petit les cavités naturelles pour y installer une chapelle, des cellules et des salles communes. Probablement vers le 7e siècle, cette communauté d’ermites qui vivait un style de vie monastique oriental dans la lignée des Pères du Désert, adopte la règle de Saint Benoît et devient abbaye bénédictine.
Passée sous la tutelle de la puissante abbaye de Psalmody, située près d’ Aigues Mortes, Saint Roman demeure un prieuré dont le pèlerinage sur des reliques de Saint Roman et Saint Trophime est très important. Du fait de son ancienneté et de son prestige, des privilèges honorifiques témoigneront de la haute valeur du lieu malgré sa subordination.
Au XIVe siècle, l’abbaye est fortifiée puis un studium, collège d’adolescents est installé par le pape d’Avignon Urbain V pour y dispenser une instruction à des jeunes gens, doués pour les études. Après cette période courte, l’abbaye va peu à peu décliner.
Resté longtemps à l’abandon, la Société d’Histoire et d’Archéo-logie de Beaucaire entreprend, à partir des années 60, des fouilles sur le site et son déblaiement. La connaissance du site doit beaucoup à ses passionnés.
La commune de Beaucaire, devenue propriétaire, obtient le classement Monument Historique en 1991, ce qui permettra d’entamer des travaux de consolidation et de mise en sécurité.
Le site troglodytique

La grande originalité du site est son caractère troglodytique. Un tel établissement monastique creusé dans le rocher fait indéniablement penser aux monastères orientaux de Cappadoce, du Moyen-Orient et d’Egypte.
Si la campagne de fortifications a considérablement modifié l’aspect du rocher en taillant ses parois à la verticale, des éléments troglodytiques importants subsistent : la chapelle de plus de cent m2 avec sa voûte de cœur romane et son siège du prieur taillé dans le rocher à la même époque. Les cellules aussi qui accueillaient les premiers moines pour la nuit avant qu’ils ne prennent l’habitude bénédictine de dormir en dortoirs. Ils escaladaient le rocher ou empruntaient des échelles pour se glisser dans ces petites pièces par d’étroites ouvertures. Le grand intérêt de la vie troglodytique est de profiter de la constance thermique qui règne sous terre et permet de conserver, avec le minimum d’échanges avec l’extérieur, une température de 14 à 16° toute l’année. Chapelle, cellules, nécropole à ciel ouvert et vue fantastique sur la vallée du Rhône, de quoi méditer et voyager dans le temps !
Le mas gallo-romain des Tourelles
Domaine viticole en AOC Costières-de-Nîmes et bien connu pour ses travaux sur la vigne et le vin dans l’antiquité romaine, le mas des Tourelles est à l’origine de la reconstitution unique au monde d’une cave gallo romaine en état de fonctionnement avec pressoir, jarre, amphores. Elle produit des « vins archéologiques romains » et propose des dégustations. Cela nous éloigne certes beaucoup de nos vins modernes où l’on recherche surtout l’expression du fruit, mais l’objectif est de reproduire le plus fidèlement possible une recette pour approcher un goût oublié. Il s’agit ici d’archéologie expérimentale des goûts et des arômes des vins dans l’antiquité romaine.
Visites de l’Abbaye et du Mas Gallo-Romain : 04 66 59 12 72
OT de Beaucaire : 04 66 59 26 57
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