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Bien vivre la ménopause
Période critique dans la vie d’une femme, la ménopause est une étape naturelle de l’évolution de l’organisme féminin. Elle correspond à l’arrêt des sécrétions des hormones ovariennes et s’accompagne souvent de symptômes gênants.
Les premiers symptômes caractéristiques
de la ménopause sont les
bouffées de chaleur qui surviennent
sans crier gare, de jour
comme de nuit.
Les trois-quarts des femmes
connaissent ces sensations de chaleurs
intenses qui se manifestent
d’abord au niveau de la tête, avec
un sentiment de pression interne et
un rougissement fréquent au
niveau du cou et de la poitrine.
Rougeurs, frissons, suées abondantes,
les bouffées de chaleur
empoissonnent véritablement la
vie de certaines femmes durant
quelques années avant de disparaître
complètement. Selon leur
intensité, elles ne sont pas prises
en charge de la même façon.
A cette période , des troubles du
sommeil peuvent également se
faire sentir chez les « bonnes dormeuses
». Ils ne sont pas uniquement
liés aux désagréments des
bouffées de chaleur qui obligent
les femmes à se lever la nuit pour
se changer mais sont aussi dus aux
fluctuations hormonales (périodes
de taux plus faible d’oestrogènes).
Enfin, certaines femmes sont
incommodées par une sécheresse
vaginale qui les rend plus vulnérable
aux infections gynécologiques
et qui perturbe l’harmonie
de leur vie sexuelle.
LES SOLUTIONS DE L’ESTROGÉNOTHÉRAPIE
Le traitement hormonal substitutif,
dit THS, reste le traitement le plus
prescrit par les gynécologues
même s’il a été au coeur d’une
tourmente scientifique après la
publication d’une étude américaine
qui concluait à un plus grand risque
de cancer du sein chez les femmes
sous THS. Basé sur l’administration
d’estrogènes naturels, associés
à un progestatif de synthèse par
voie orale, le THS obéit à un principe
simple : remplacer les hormones
que les ovaires ne produisent
plus. L’estrogène peut être
prescrit en comprimés, sous forme
de gel,de patch et en spray nasal.
Le THS est toujours autant apprécié
pour son efficacité dans le traitement
des troubles de la ménopause.
La suppression des bouffées de
chaleur est acquise dans 90% des
cas, parfois au bout d’un mois de
traitement. Cette prescription assure
également une protection de la
peau et des muqueuses de la sphère
génito-urinaire. En plus, elle protège
des maladies cardio-vasculaires
et de l’ostéoporose. Enfin, en ce
qui concerne les risques de cancer du sein, il apparaît que le THS le
révèle plutôt qu’il le crée.
Cependant, la prescription du
THS n’est plus aussi systématique
aujourd’hui. Elle se fait sur mesure
en fonction de l’existence de
l’intensité des troubles fonctionnels.
Elle s’étale sur la période des
troubles, 4 à 5 ans maximum avec
un dosage sur mesure pour donner
à chaque femme la dose minimale
efficace. Il y a contre-indication
dans des cas de : phlébite, cancer
hormono-dépendant.
Alternative au THS, la tibolone
est une hormone substitutive de la
ménopause elle-même, aux effets
estrogéniques et progestatifs à la
fois. Sans répercussion sur les
seins, elle est généralement prescrite
aux femmes qui souffrent de
douleurs aux seins sous la prise du
THS. Elle est réputée efficace
contre les bouffées de chaleur et
la sécheresse vaginale tout en stimulant
la libido.
LES COMPOSÉS NATURELS DE PHYTOESTROGÈNES
D’autres possibilités s’offrent aux
femmes qui ne souhaitent pas
suivre d’hormonothérapie substitutive.
Des remèdes à base de
plantes, composés naturels de phytoestrogènes
de structure analogue
aux oestrogènes féminins (appelés
également isoflavones ou lignanes)
sont en vente libre en pharmacie.
Ces nombreux composés réputés
pour leur action contre les bouffées
de chaleur sont riches en soja pour
la plupart,mais aussi en thé ou en
pois chiches. En association, ces
composés contiennent souvent
d’autres substances destinées à
amplifier leur action ou lutter
contre d’autres désagréments liés à
la ménopause. La luzerne et le
trèfle rouge peuvent, en association
avec le soja, en amplifier les bienfaits.
Et le yam a des vertus apaisantes
qui complètent l’effet du
soja en combattant l’irritabilité et
les troubles du sommeil. On trouve
aussi des complexes qui associent
soja et oméga 3 pour aider les
femmes à sauvegarder un bon
équilibre général. Les femmes qui
choisissent d’essayer les suppléments
de phytoestrogènes doivent
savoir que les recherches scientifiques
fiables sont limitées et
qu’aucune dose recommandée n’a
été établie. Et celles sous THS
doivent en parler à leur médecin
avant de décider d’une telle cure.
LES SOLUTIONS EN PHYTOTHÉRAPIE
Les femmes partisanes des médecines
douces seront tentées de
soulager les symptômes de la
ménopause avec les plantes.
L’huile d’onagre qui atténue certains
troubles prémenstruels est
réputée efficace au moment de la
ménopause. Elle vient, au moins
en partie, combler le déficit hormonal
à l’origine de troubles
fonctionnels. On la prend en
continu, en cure d’un ou deux
mois. Les bouffées de chaleur ont
leur plante calmante : la sauge qui
agit contre la transpiration excessive.
Des huiles essentielles de
menthe poivrée et de cyprès sont
également à tester. Quant à la passiflore,
c’est un sédatif efficace et
dépourvu d’effets secondaires, à
associer à de la valériane ou de
l’aubépine, autres plantes recommandées
pour agir contre les
troubles du sommeil.
A la ménopause, le corps se métamorphose
et les besoins de l’organisme
évoluent sous l’effet du
vieillissement. Des doses adaptées
de certaines vitamines et minéraux
contenus dans des compléments
alimentaires peuvent aider
l’organisme à se régénérer et à
prévenir des pathologies comme
l’ostéoporose. Le calcium associé
à du phosphore (qui aide son
absorption) ou à de la vitamine D3
qui en optimise la fixation est efficace
contre la déminéralisation
osseuse. Il est également important
de veiller à une bonne prise
d’oméga 3 pour prévenir les maladies
cardio-vasculaires auxquelles
les femmes deviennent davantage
exposées. Pour lutter contre le
vieillissement cutané qui s’accélère
chez les femmes ménopausées,
des complexes d’anti-oxydants
(béta-carotène, vitamine E et sélénium)
agissent sur le maintien
d’une bonne l’hydratation de la
peau et celui de son élasticité.
Une bonne hygiène de vie est
aussi primordiale pour passer le
cap de cette période critique. C’est
le moment de surveiller l’équilibre
de son alimentation et de
pratiquer une activité physique
régulière.
Irène Lorgeré
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