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Mende : un patrimoine culturel et paysager préservé

Au cœur de la Lozère, dans la haute vallée d’Olt, l’ancienne capitale du Gévaudan prend soin de ses multiples attraits pour mieux les partager.

Certains lui trouvent un air austère avec ses toits gris en lauze de schiste et ses ruelles pavées. Une austérité qu’accentuerait son enclavement entre le mont Mirat, les plateaux de la Margeride, l’Aubrac, et le Mont Lozère. Pourtant cette situation géographique en fait le centre de départ idéal à la découverte des Causses et des Cévennes, sans oublier, au Sud, les gorges du Tarn, de la Jonte et de la vallée du Lot. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’intérêt touristique de la ville : blottie autour de sa cathédrale, Mende recèle des richesses qui lui ont valu l’obtention du label Ville et Pays d’Art et d’Histoire.

MENDE EN GEVAUDAN

L’histoire de Mende se mêle à celle du pays du Gévaudan et à sa christianisation. Tandis qu’au IIIe siècle des barbares alamans envahissent le Gévaudan, la légende relate que la population se serait réfugiée dans une forteresse. Pour avoir refusé de livrer aux envahisseurs le nom de leur cache, l’évêque Privat, évêque des Gabales, nom des habitants du pays de Gévaudan, aurait été torturé à mort. Le tombeau de Saint Privat, devenu lieu d’importants pèlerinages, a contribué à la naissance de Mende qui accueillera, au Xe siècle, le siége de l’évêché du Gévaudan.

La cathédrale qui domine la cité témoigne de l’importance de l’emprise religieuse qui, depuis le XIIe siècle, période à laquelle l’évêque Aldebert III du Tournel prend possession de Mende et obtient du roi Louis VII d’y exercer un pouvoir temporel, n’a de cesse d’étendre sa souveraineté. Souveraineté qu’il doit partager avec le roi de France lorsqu’en 1307 celui-ci limite la zone d’influence de l’épiscopat en le privant d’une partie de son territoire. L’évêque de Mende prend alors le titre de comte du Gévaudan. Fidèle au catholicisme, la ville n’est pas épargnée par les guerres de religion. Le clergé en est la première victime. La cathédrale, ses clochers fraîchement construits et la « non pareille » - une cloche aux dimensions uniques dont seul demeure le battant qui pèse à lui seul 470 kg et qui est exposé à l’intérieur de la cathédrale - sont détruits en 1581. La Révolution met définitivement fin à l’autorité épiscopale. Mende devient le chef-lieu du département de la Lozère. L’extinction de l’industrie textile au XIXe et XXe siècle en a fait une cité commerciale et administrative qui a décidé d’exploiter ses atouts pour affirmer une vocation touristique.

UN CHARME MEDIEVAL

De la période médiévale qui correspond au développement de son commerce et de son artisanat et à sa prospérité économique, Mende a conservé le charme des ruelles étroites. Son centre historique restauré est aujourd’hui bordé de platanes qui épousent le tracé des fossés du rempart détruit en 1768 tandis qu’une épidémie de peste sévissait depuis plus de quarante ans. La Tour des Pénitents qui a servi de tour clocher à une chapelle des Pénitents, reste le seul vestige de cette enceinte érigée en 1161. De la rue de la Jarretière, la plus étroite avec ses 1m74 de large, à la rue Traversière, en passant par la rue d’Aigues Passes et de l’Epine, une succession de ruelles remonte le temps : l’ancienne Synagogue et l’ancien Couvent des Carmes, les constructions les plus anciennes (XIII - XIVe siècles), des maisons à pans de bois du XVe au XVIIIe, des maisons à pigeonnier central typiques de la vallée du Lot, encadrements gothiques, vantaux style Renaissance, oratoires abritant des vierges noires... Autant de trésors architecturaux et culturels jalonnés de 28 bornes qui matérialisent le Circuit du Patrimoine mis en place par la municipalité.

Une brochure gratuite, disponible à l’office du tourisme intercommunal Mende - Haute Vallée d’Olt, l’accompagne. Et pour les plus déterminés, un guide conférencier propose des visites 2 fois par jour en été et une visite nocturne le mercredi. Mende est aussi réputée pour le nombre des ses fontaines publiques s’échelonnant du XVe siècle à nos jours et celui de ses ponts : Le Pont St-Laurent, à l’entrée de la ville, le pont Paulin Daudé, le pont Roupt, le pont de La Planche où les lavandières faisaient sécher le linge. Le plus ancien (XIIIe siècle) le Pont Notre-Dame est un pont gothique en dos d’âne qui enjambe le Lot et arbore une voûte de 22 m d’ouverture pour 7 m de haut. A proximité on peut admirer des maisons à toitures en carène de bateau renversé, dites à la " Philibert Delorme " qui s’inspira de la technique navale de construction des carènes de navire.

LA CATHEDRALE ET AUTRES EDIFICES REMARQUABLES

Sa situation à flanc de montagne et son architecture gothique monumentale se conjuguent et accroissent sa majesté. Le pape Urbain V, issu d’une famille seigneuriale cévenole, est à l’origine de l’édification en 1368, de l’actuelle Cathédrale de Mende. Sa construction s’étale sur plus de cent ans. Le grand autel est consacré en 1467 et le grand clocher en façade (84 m) est érigé à la demande de l’évêque François de la Rovere en 1508. Il sera achevé avec le petit clocher (65m) en 1512. En partie détruite en 1581, elle est reconstruite à l’identique au début du XVIIe. Le XIXe siècle a vu l’aménagement des portails nord et sud en néogothique flamboyant, le grand porche ouest date de 1906.

La cathédrale garde ainsi l’empreinte de chacune de ces époques, tout en conservant une sobre et rigoureuse harmonie. Elle se compose de 12 chapelles rectangulaires, 2 chapelles absidiales (dont celles de Notre Dame et de Saint Privat), une sacristie. La chapelle du chevet accueille une vierge noire du XIIe siècle qui aurait été amenée d’Orient par les Croisés. Les tapisseries d’Aubusson du début du XVIIIe siècle, classées monument historique, représentent des scènes de la vie de la vierge. Des tapisseries d’Aubusson de la même époque, représentant des scènes tirées de l’Ancien Testament, décorent aussi la salle des mariages de l’hôtel de ville, un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle à l’architecture classique, dont on admirera le toit de lauze et, à l’intérieur, un escalier à clef de voûte pendante. Reconverti en résidence pour personnes âgées, l’ancien hôpital, édifié au XVIIe siècle, a conservé en l’état une pharmacie à découvrir en visites guidées.

MENDE POINT DE DEPART D’EXCURSIONS.

Les idées de balade à proximité de la ville ne manquent pas. Plutôt patrimoine, votre choix s’orientera vers l’Ermitage de Saint Privat ou le château de Bahours érigé au XVIIe siècle sur les collines au Nord-Ouest de Mende. Le Causse de Changefège offre de beaux panoramas sur la Haute Vallée du Lot et sur Mende. En route, on remarque le « Lion de Balsiège », rocher ruiniforme qui fait partie des sites classés.

Témoignages de périodes plus reculées, une grotte, ancien habitat datant de 2500 avant J.C, transformée en chapelle, « la chapelle de San Chaousou », rappelle la présence des nombreux vestiges de la préhistoire dans la région. Le dolmen de Changefège est classé monument historique. Mais la plus grande concentration de menhirs se trouve aux Bondons : 150 menhirs et trente tertres funéraires. Plutôt nature, aventurez-vous dans la Forêt Domaniale de Mende, où les feuillus se mêlent presque pied à pied aux résineux, chênes pubescents, pins sylvestres, hêtres... un sentier d’interprétation permet aujourd’hui de découvrir l’histoire de cette fôret. A 8km de Mende, une halte s’impose au mausolée gallo romain de Lanuéjols, second monument funéraire de cette période en France, après celui de Saint Rémy de Provence.

A moins que vous ne préfériez les vastes espaces. Celui de la Margeride par exemple, transition entre le calcaire et le granit qui heurte son paysage. Entre 1000 et 1500 mètres d’altitude, landes, prairies, pâturages, ponctués de quelques forêts, sont sillonnés de nombreux ruisseaux et de petits chemins aux quelques hameaux riches en églises romanes et petits patrimoines : croix (Jean du Born), fours à pain, fontaines.. Fraîcheur et dépaysement assuré.

www.ot-mende.fr

Marie Vanhamme

 
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